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07/12/2012 05:41 EST | Actualisé 06/02/2013 05:12 EST

Les élections au Ghana, un test pour la réputation démocratique du pays

ACCRA, Ghana - Les électeurs du Ghana étaient appelés vendredi à choisir un nouveau président et les membres du Parlement, dans le cadre d'une élection qui marque le sixième exercice démocratique transparent dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, considéré comme un modèle dans la région.

Des résidants de la capitale, Accra, ont commencé à affluer vers les bureaux de vote plus de quatre heures avant le lever du soleil, dans des files parfois fortes de 1000 personnes.

En après-midi, certains électeurs ont commencé à s'impatienter après que des bureaux de vote eurent ouvert en retard après l'arrivée tardive des bulletins. L'utilisation d'une méthode d'identification biométrique a provoqué d'importants retards.

Chaque bureau de vote disposait d'une seule machine d'identification biométrique, et si elle échouait à identifier les empreintes des électeurs ou qu'elle brisait, il n'y en avait pas d'autre de rechange.

À l'un des bureaux de vote où la machine s'est brisée, un chef coutumier a déclaré qu'il avait attendu pendant des heures sans avancer d'un centimètre.

«J'ai 58 ans et je suis resté debout dans cette file toute la journée», a dit Nana Owusu. «Ce n'est pas bon.»

Plus tard dans la journée, quand il est devenu évident que des milliers de personnes n'avaient pas encore pu voter, la commission électorale a annoncé que le vote se poursuivrait samedi. Ce pays de 25 millions d'habitants est très attaché à sa tradition démocratique, et les électeurs s'encouragaient mutuellement à rester calmes en attendant leur tour pour voter.

Les électeurs devaient choisir leur nouveau président entre huit candidats, y compris le président sortant, John Dramani Mahama, et son principal adversaire, Nana Akufo-Addo.

Le Ghana a subi cinq coups d'État et des décennies de stagnation avant de se remettre sur pied au cours des années 1990. Le pays est désormais un modèle de démocratie pour le continent, une réputation dont ses citoyens sont très fiers. Aucun autre pays de la région n'a eu autant d'élections jugées libres et justes.

Le président sortant est un ancien vice-président qui a été catapulté à la tête de l'État en juillet après la mort inattendue de l'ancien président John Atta Mills. Avant de devenir président, M. Mahama a été ministre et député.

Son principal adversaire, M. Akufo-Addo, est un ex-ministre des Affaires étrangères et le fils d'un ancien président. En 2008, il a perdu sa course présidentielle contre M. Mills par moins de un pour cent des voix. Les deux candidats disent vouloir exploiter les ressources pétrolières récemment découvertes pour aider les plus pauvres.

Le Ghana, dont l'économie a le plus haut taux de croissance de la région, souffre d'une grande inégalité entre ceux qui profitent de la manne pétrolière, minière et chocolatière et ceux qui en sont exclus.