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07/12/2012 03:11 EST | Actualisé 06/02/2013 05:12 EST

Les démunis consternés par les compressions dans l'aide sociale et à l'emploi

MONTRÉAL - Les groupes qui défendent les plus démunis se disent consternés devant certaines compressions annoncées jeudi par le gouvernement péquiste, particulièrement à l'aide sociale et dans les mesures d'aide pour l'emploi.

Le budget du ministère de l'Emploi et Solidarité sociale consacré aux «mesures d'aide financière» de dernier recours, soit l'aide sociale, passe de 3 milliards $ en 2012-2013 à 2,95 milliards $ en 2013-2014, soit une baisse de 51 millions $, peut-on lire dans la documentation déposée jeudi par le Conseil du trésor.

Le Front commun des personnes assistées sociales ne comprend pas comment le gouvernement peut justifier la compression budgétaire de 51 millions $ en affirmant qu'il y a moins de prestataires de l'aide sociale.

«C'est extrêmement difficile pour nous de comprendre l'attitude du gouvernement dans ce dossier-là, parce qu'on dit qu'on coupe à l'aide sociale et qu'on s'attend à une baisse de personnes à l'aide sociale. Or, on voit qu'au niveau fédéral, il y a une grande réforme de l'assurance-chômage qui va venir restreindre l'accès au chômage. Et le facteur numéro un qui amène les gens à demander de l'aide sociale, c'est une perte d'emploi, c'est la fin des prestations de chômage», a déploré en entrevue la porte-parole du Front, Amélie Châteauneuf.

Au Front d'action populaire en réaménagement urbain, le coordonnateur François Saillant a découvert dans les crédits des ministères et organismes que la Société d'habitation du Québec (SHQ) verra son budget être amputé de 56 millions $.

Il craint que la SHQ ne dispose ainsi plus de marge de manoeuvre pour intervenir, en cas de difficulté, comme lors de la crise du logement du 1er juillet.

Les mesures d'aide à l'emploi seront également dégarnies de 55 millions $, passant de 872 millions $ en 2012-2013 à 817 millions $ en 2013-2014.

M. Saillant ne comprend pas la logique de ces compressions.

«On dit souvent que c'est l'emploi qui va sortir les gens de la pauvreté. Alors, je trouve ça totalement contradictoire de tenir ce discours-là d'une part et, d'autre part, de couper dans les mesures qui permettent de réintégrer l'emploi», a-t-il dit.

Au Curateur public également, on a confirmé avoir appris que le budget serait réduit de 300 000 $ l'an prochain. Le budget passera de 42,8 millions $ à 42,5 millions $. On ne pouvait dire, vendredi, comment cette compression se traduira dans les faits, puisqu'on venait d'en prendre connaissance.

Des compressions non précisées sont également attendues dans l'aide au transport adapté. La Société de transport de Montréal, qui venait aussi de prendre connaissance de ces compressions, ne pouvait dire jusqu'à quel point elle serait touchée et référait les médias au ministère des Transports.