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07/12/2012 10:28 EST | Actualisé 06/02/2013 05:12 EST

Le Canada va revenir sur l'achat prévu de chasseurs F-35 américains (presse)

Le gouvernement canadien va revenir sur sa décision d'acheter des chasseurs furtifs américains F-35, en raison de leur coût plus élevé que prévu, rapporte vendredi le National Post, une affirmation démentie par le porte-parole du Premier ministre.

Selon le quotidien National Post, le cabinet du Premier ministre conservateur Stephen Harper va renoncer à cette acquisition en raison d'un audit de KPMG, qui doit être publié la semaine prochaine et qui évalue le coût total du programme à plus de 30 milliards de dollars.

Le porte-parole de M. Harper, Andrew MacDougall, a qualifié les informations du National Post d'"inexactes sur plusieurs points" et a affirmé que le gouvernement n'avait pas encore arrêté sa position en la matière, dans un message sur Twitter.

Toujours selon National Post, la décision a été prise mardi soir par un comité du gouvernement fédéral. Ce dernier avait auparavant entendu le chef d'état-major Thomas Lawson, convoqué d'urgence à Ottawa alors qu'il se trouvait à l'étranger. La question devrait être encore examinée par le Comité des priorités et de la planification du gouvernement, qui devait se réunir vendredi matin.

En février dernier déjà, M. Harper avait ouvert la porte à une réduction du nombre de F-35 que son pays doit acheter, indiquant qu'il voulait s'en tenir au budget prévu.

Ottawa avait prévu de dépenser 8,5 milliards de dollars pour acheter 65 appareils, 16 milliards en prenant en compte les contrats d'entretien. Le développement du chasseur furtif américain a été ralenti par de nombreux problèmes techniques et plusieurs pays clients ont fini par annuler, réduire ou repousser leurs commandes.

L'opposition avait accusé le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, d'avoir fortement sous-estimé les coûts liés à l'achat de ces avions de combat.

En avril dernier, le Vérificateur général du Canada, Michael Ferguson --dont le rôle s'apparente à celui de la Cour des comptes en France--, avait reproché à son ministère de ne pas avoir "établi les coûts complets sur l'ensemble du cycle de vie" de l'avion fabriqué par Lockheed-Martin, coûts qui selon son audit de l'époque pourraient atteindre 25 milliards de dollars.

Ottawa comptait acquérir --sans appel d'offres-- 65 exemplaires du chasseur furtif américain entre 2016 et 2022. Le Canada est l'un des neuf pays membres d'un consortium fabriquant l'avion, dirigé par les Etats-Unis et comprenant aussi la Grande-Bretagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Turquie, l'Australie, la Norvège, et le Danemark.

Israël et Singapour participent au programme et le Japon a annoncé qu'il achèterait 42 avions.

Le retrait hypothétique du Canada porterait un coup important au programme, dont le coût est cependant supporté en priorité par les Etats-Unis.

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