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07/12/2012 05:18 EST | Actualisé 06/02/2013 05:12 EST

Craintes d'une offensive d'envergure près de Damas, pas de solution à Dublin

L'armée massait vendredi des renforts à la périphérie de Damas, désormais au coeur des combats, où les militants affirment redouter un assaut d'envergure, au lendemain d'une réunion tripartite internationale infructueuse sur une solution au conflit en Syrie.

Le chef des Nations unies Ban Ki-moon s'est rendu dans un camp en Jordanie abritant des dizaines de milliers de réfugiés syriens et devait visiter un autre en Turquie avant de rencontrer le président Abdullah Gül et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

L'émissaire international Lakhdar Brahimi a admis qu'"aucune décision sensationnelle" n'avait été prise lors de sa rencontre jeudi à Dublin avec la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton et son homologue russe Sergueï Lavrov, qui restent divisés sur les moyens de mettre fin à la guerre en Syrie.

Mme Clinton, qui a appelé au départ du président syrien Bachar al-Assad et s'est engagée à renforcer le soutien américain à la rébellion, et M. Lavrov, dont le pays est un allié du régime Assad, ont néanmoins convenu que "la situation est mauvaise", a-t-il ajouté.

Sur le terrain, soldats et rebelles restent déterminés à se battre jusqu'au bout.

L'armée a continué de pilonner la banlieue de Damas pour en déloger les rebelles. "Les troupes bombardent les vergers entourant la banlieue de Daraya, vers laquelle des renforts militaires affluent", a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La localité proche de "Mouadamiya al-Cham est violemment pilonnée et d'importants renforts sont déployés, apparemment pour attaquer la localité", a poursuivi l'ONG qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins.

A Damas même, les quartiers sud étaient bombardés par les troupes gouvernementales, a encore affirmé l'ONG, après des bombardements et des combats nocturnes dans la capitale et plusieurs banlieues.

La périphérie de Damas est désormais au coeur des combats, le régime cherchant à reconquérir un rayon de huit kilomètres autour de la capitale, qu'il veut à tout prix conserver pour être en position de négocier une issue au conflit, selon les experts.

La communauté internationale a multiplié ces derniers jours les mises en garde au président Bachar al-Assad contre tout recours aux armes chimiques en sa possession, des responsables américains assurant que l'armée avait chargé avec du gaz sarin des bombes destinées à être larguées par avion.

La Syrie a assuré qu'elle n'utiliserait jamais, "si elle en possède", d'armes chimiques contre son peuple.

Comme tous les vendredis, les militants anti-régime ont appelé à manifester, plaçant cette journée sous le slogan "Non aux forces de maintien de la paix en Syrie", une idée évoquée par M. Brahimi et qui priverait les rebelles d'une victoire, selon eux.

"Le déploiement des Casques bleus signifierait la division de la Syrie, entre zones pro et anti-régime", a dit à l'AFP Omar Chaker, un militant hostile au régime. "L'Armée syrienne libre (ASL, rebelles) progresse rapidement vers Damas. Si les Casques bleus sont déployés, le régime pourra rester au pouvoir".

Washington a dénoncé les groupes de combattants radicaux en Syrie, notamment le Front Al-Nosra, estimant qu'ils ne représentaient aucunement le peuple, tandis que sur les forums jihadistes plusieurs groupes ont félicité Al-Nosra pour sa possible inscription sur la liste américaine des groupes terroristes.

Plus de 42.000 personnes, en majorité des civils, ont été tuées en Syrie depuis le début en mars 2011 d'une révolte populaire contre le régime qui s'est militarisée face à la répression, selon l'OSDH.

Enfin, après que Washington a affirmé que des propositions d'asile avaient été faites à M. Assad par des pays latino-américains, l'Equateur a démenti avoir reçu une telle demande.

sbh/tp