NOUVELLES
07/12/2012 03:04 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

Climat: denier jour des négociations à Doha, Kyoto 2 et finances à régler

Négociateurs et ministres du monde entier accéléraient vendredi leurs efforts à Doha, dernier jour de la conférence de l'ONU sur la lutte contre le réchauffement, pour arracher un accord sur les sujets toujours disputés de Kyoto 2 et l'aide financière aux pays du Sud.

"Ce matin, nous nous trouvons toujours aussi loin de ce qu'il faudrait faire pour relever le défi du changement climatique, mais le jour n'est pas terminé", a déclaré à l'AFP le ministre des Affaires étrangères de Nauru, Kieren Keke, au nom de l'Alliance des petits Etats insulaires (Aosis).

Les négociations, rassemblant plus de 190 pays et lancées le 26 novembre, doivent s'achever tard dans la nuit et donner naissance à l'acte II du protocole de Kyoto, à la portée essentiellement symbolique.

Il s'agit du seul outil engageant les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), à l'exception notable des Etats-Unis qui ne l'ont pas ratifié.

Kyoto 2 ne concernera que l'Union européenne et l'Australie après le désistement du Japon, de la Russie et du Canada, soit uniquement 15% des GES globaux, mais les pays du Sud y tiennent au nom de la "responsabilité historique" du Nord dans le dérèglement climatique.

Certains points étaient toujours âprement discutés comme l'avenir du surplus de quotas d'émissions de GES hérités de Kyoto 1, qui s'achève fin décembre, que des pays comme la Pologne demandaient à voir reconduits.

Les pays en développement, Aosis en tête, exigent que leur quantité soit considérablement réduite, avançant que ces crédits ne permettent de réduire les GES que sur le papier.

L'autre grand dossier épineux est celui de l'aide que les pays du Sud attendent des pays développés pour faire face au réchauffement, soit 60 milliards de dollars d'ici 2015, pour assurer une transition entre l'aide d'urgence de 30 mds USD pour 2010-2012, et la promesse des 100 mds par an d'ici 2020.

Or, les Etats-Unis, l'UE, à l'exception de certains Etats membres, ou encore le Japon ne semblent pas disposés à proposer de chiffres, et un compromis proposé se contentait "d'inviter les pays développés à soumettre en 2013 des pistes viables pour faire monter en puissance l'aide financière".

Depuis 1995, la communauté internationale se retrouve chaque année pour faire progresser la lutte contre le réchauffement, mais les efforts engagés mettent le monde sur une trajectoire d'une hausse du thermomètre de 3 à 5°C et non 2°C, seuil au-delà duquel le système climatique risque de s'emballer.

mlr-cls/mh/tp