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06/12/2012 05:54 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

Une police rebelle à Al-Bab pour dénoncer les abus des combattants syriens

Dans une caserne prise à l'armée de Bachar al-Assad à Al-Bab dans le nord syrien, une nouvelle unité de police a été créée pour enregistrer les plaintes des civils dénonçant abus, intimidations, actes de racket ou de vandalisme, commis par les rebelles .

Dans cette ville située à 30 km au nord-est du champ de bataille clé d'Alep (nord) et contrôlée par l'Armée syrienne libre (ASL), les habitants peuvent désormais se tourner vers les 80 volontaires du "Comité pour la promotion des vertus et la prévention des vices".

Leur mission: mettre un terme aux délits commis par les combattants de l'ASL, principalement des vols ou des dégâts constatés par les habitants depuis que les rebelles ont pris le contrôle de la ville en juillet.

Abou Islam, le chef de cette police d'un nouveau genre, l'une des premières en Syrie, affirme que sa création mi-novembre s'est faite après avoir "parlé avec toutes les brigades d'Al-Bab".

Mais il n'empêche, ses hommes portent en permanence une cagoule, par peur des représailles.

Ces "policiers révolutionnaires" ne touchent aucun salaire pour le moment, mais cela n'a pas freiné Taër Al-Hour, un ancien vendeur de téléphones portables. Lui, veut remettre de l'ordre afin qu'aucun délit n'entache la révolution qui secoue son pays depuis plus de 20 mois.

"Nous avons besoin d'un système organisé, qui fonctionne mieux qu'avant pour éliminer les mauvais comportements de l'Armée syrienne libre ou des civils", dit-il à l'AFP, le visage cagoulé et la kalachnikov à la main.

Comme lui, tous ses collègues ont été recrutés en dehors de l'ASL. "Nous avons décidé avec toutes les brigades d'Al-Bab de recruter des bénévoles qui ne viennent pas en tant que militaire, mais complètement de la société civile", explique Abou Islam.

Et cela, "pour que ces enquêteurs ne soient pas accusés d'être liés à une brigade", poursuit l'homme, installé derrière son bureau dans des locaux surveillés en permanence par des hommes en armes, postés autour du bâtiment et sur le toit.

Même si toutes les brigades de l'ASL ont approuvé ce nouveau système, le comité ne fait pas l'unanimité chez les rebelles et, autour de la caserne, les volontaires restent aux aguets.

Les attaques venant d'amis de personnes arrêtées ne sont pas rares. A cause de cela, tous ces policiers protègent leur identité.

Cagoulés lors de leurs missions, ils ne se découvrent pas non plus dans leur base, où des rebelles sont emprisonnés au sous-sol.

Le comité travaille en effet en coordination avec la cour islamique d'Al-Bab, elle aussi mise en place peu après la prise de la ville par les rebelles.

Si une enquête apporte des preuves suffisantes, l'accusé a 48 heures pour se présenter à la justice, sinon ce sont les volontaires qui vont le chercher. Il est ensuite interrogé et mis en prison en attendant son audition par la cour.

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