NOUVELLES
06/12/2012 01:50 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

Un sans-abri accusé d'avoir poussé un homme devant un train du métro de New York

NEW YORK, États-Unis - Un sans-abri a été accusé, mercredi soir, du meurtre de l'homme qui a été poussé devant un train dans le métro de New York plus tôt cette semaine.

L'homme de 30 ans, Naeem Davis, a été accusé de meurtre non prémédité. Il a été incarcéré sans possibilité de libération sous caution en lien avec la mort, lundi, de Ki-Suck Han, un homme de 58 ans. M. Davis sera de retour devant la justice le 11 décembre.

Menotté, l'accusé a affirmé aux journalistes que la victime était à blâmer pour la tragédie. «Il m'a attaqué en premier. Il m'a empoigné», a dit M. Davis.

Il a ensuite répondu «Non» quand un journaliste de la télévision lui a demandé s'il avait eu l'intention de tuer M. Han.

Le procureur James Lin a déclaré au juge que M. Davis avait vu le train frapper M. Han avant de quitter la station de Times Square.

«L'intimé n'a jamais offert d'aide à la victime à l'approche du train, et il a même regardé le train frapper la victime», a dit le procureur.

Mais l'avocat fourni à M. Davis par le service d'aide juridique, Stephen Pokart, a déclaré à l'extérieur du tribunal que son client avait possiblement été «impliqué dans un incident avec un homme ivre et colérique».

Une témoin de l'incident, Leigh Weingus, a déclaré au «New York Times» que M. Han avait semblé agressif à l'endroit de M. Davis.

«La victime répétait "Hey! Hey!" au suspect, en s'approchant constamment de lui», a-t-elle raconté. «Au début, Davis a semblé calme, il lui disait "Je ne te connais pas, tu ne me connais pas, éloigne-toi de moi"», a-t-elle ajouté.

La femme de M. Han a déclaré qu'elle s'était disputée avec son mari ce matin-là et qu'il avait bu de l'alcool.

Naeem Davis était déjà connu des policiers de New York et de la Pennsylvanie pour des crimes de moindre importance, dont possession de drogue.

Les proches de Ki-Suck Han se sont rassemblés jeudi dans une chapelle de l'arrondissement Queens pour un dernier adieu.

Sa veuve et sa fille se sont agenouillées devant le cercueil pendant de longues minutes avant de prendre place dans la première rangée, à l'occasion d'une cérémonie qui se déroulait en coréen.

La mort de M. Han a suscité beaucoup d'attention, non seulement en raison de son caractère horrible, mais aussi parce qu'il a été photographié une fraction de seconde avant d'être happé par le train sans que personne ne semble essayer de lui venir en aide. La photo a été publiée en une du «New York Post».

La fille unique de M. Han, Ashley, a déclaré lors d'une conférence de presse mercredi que son père était toujours prêt à aider son prochain. Mais quand on lui a demandé pourquoi personne ne l'avait aidé dans le métro, elle a simplement répondu: «Ce qui est fait est fait».

«Ça aurait été bien que quelqu'un prenne quelques secondes pour l'aider», a ajouté la jeune femme de 20 ans.

Le photographe pigiste du «New York Post» qui a pris la photo controversée, R. Umar Abbasi, a affirmé mercredi au réseau NBC qu'il avait essayé d'utiliser l'éclair lumineux de son appareil pour alerter le conducteur du train. Il affirme que 22 secondes se sont écoulées avant que M. Han ne soit tué.

«Les gens qui étaient proches de lui (...) auraient pu l'attraper et le remonter sur la plateforme. Mais personne n'a fait d'effort», a-t-il dit.

Ashley Han et sa mère, Serim Han, ont rencontré les médias mercredi à l'intérieur de leur église presbytérienne de l'arrondissement de Queens. La famille est arrivée de Corée du Sud il y a environ 25 ans. Elles ont révélé que M. Han était au chômage et qu'il cherchait du boulot. Leur pasteur a déclaré que la famille avait été très blessée par la photo de M. Han publiée à la une du «Post».

«J'aurais aimé avoir une dernière chance de lui dire à quel point je l'aimais», a dit Ashley Han.

Les utilisateurs du métro newyorkais se sont dits choqués par la mort de M. Han. Mais la peur d'être poussé devant un train est toujours présente parmi les quelque 5,2 millions de personnes qui l'utilisent chaque jour.

«On ne pense pas à ce genre de chose tous les jours. On sait que ça pourrait arriver. Donc quand ça arrive, c'est effrayant, mais au bout du compte, il faut savoir se protéger», a dit Aliyah Syphrett, une jeune femme de 23 ans.