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06/12/2012 10:38 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

Tibet: Washington "inquiet" du rythme accéléré des immolations

Les Etats-Unis ont exprimé dans la nuit de mercredi à jeudi leur "inquiétude" et leur "tristesse" face à l'accélération du rythme des immolations de Tibétains dans les régions tibétaines de Chine, appelant une nouvelle fois au dialogue entre Pékin et le dalaï lama.

Le département d'Etat --qui ne conteste pas la souveraineté chinoise sur le Tibet-- a également exhorté la Chine à permettre aux Tibétains d'"exprimer librement leurs doléances" et à autoriser diplomates et journalistes à un "accès sans restrictions aux régions tibétaines de Chine".

Le Sichuan et le Qinghai --aux portes de la région autonome chinoise du Tibet-- ainsi que le Gansu ont une importante population d'ethnie tibétaine, qui accuse Pékin d'étouffer sa culture et sa religion.

L'accès à ces trois provinces est en théorie ouvert à la presse internationale accréditée en Chine. Mais en pratique, les journalistes étrangers se voient interdire d'approcher ces zones tibétaines sous très forte tension, où les forces de sécurité chinoises sont déployées en grand nombre.

Plus de 80 personnes, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolées par le feu ou ont tenté de le faire depuis mars 2011 dans les zones chinoises habitées par des Tibétains. Et le rythme s'accélère depuis novembre.

Washington s'est dit "profondément inquiet et attristé par la poursuite de la violence dans les régions tibétaines de Chine et par l'augmentation de la fréquence des immolations de Tibétains", selon un communiqué d'une responsable du département d'Etat, Maria Otero.

Les responsables gouvernementaux américains, très critiques à l'endroit de la Chine sur les droits de l'homme, ont "directement soulevé la question auprès leurs homologues chinois", selon Mme Otero.

Elle a une nouvelle fois appelé "le gouvernement chinois à dialoguer sans pré-conditions avec le dalaï lama ou ses représentants".

Pékin considère le dalaï lama comme un "séparatiste" et l'accuse d'encourager les immolations par le feu.

"Le gouvernement chinois devrait enquêter sur la cause" de ces immolations, avait répliqué le dignitaire religieux, prix Nobel de la paix, qui vit en exil en Inde depuis 1959 et qui a renoncé en 2011 à son rôle politique pour se cantonner à celui de dirigeant spirituel.

nr/mdm