NOUVELLES
06/12/2012 08:22 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

Rona veut vendre des actifs dans l'espoir d'améliorer sa rentabilité

MONTRÉAL - Sous la pression d'actionnaires mécontents de sa déroute financière, la direction de Rona (TSX:RON) a annoncé jeudi son intention de se départir d'activités qu'elle jugera non essentielles.

Plus tôt cette année, le détaillant de Boucherville a mis en vente des actifs immobiliers d'une valeur totale de 115 millions $. Un bloc d'une valeur d'environ 50 millions $ est en voie d'être cédé et le reste doit suivre d'ici la fin de 2013.

Rona avait également fait part de son intention de fermer dix de ses magasins à grande surface les moins rentables, principalement en Ontario et dans l'Ouest du pays.

Or jeudi, le président et chef de la direction par intérim, Dominique Boies, a déclaré aux médias que ce plan n'allait pas suffire pour assurer le redressement financier du quincaillier québécois.

Rappelons que le mois dernier, Robert Dutton a quitté la direction de l'entreprise au terme d'un mandat de plus de 20 ans.

Au fil des ans, M. Dutton a su faire croître les revenus de Rona en multipliant les acquisitions et les ouvertures de magasins, mais face au ralentissement du marché immobilier, le temps est venu de mettre l'accent sur l'amélioration de la rentabilité, a expliqué M. Boies.

Après les ventes de terrains, Rona explorera donc la possibilité de céder certaines divisions. Le pdg intérimaire a évoqué le secteur du chauffage et de la ventilation, dans lequel Rona n'est présent que depuis quelques années, tout en précisant qu'aucune décision n'avait encore été prise.

Mais pour «rétablir la crédibilité» de Rona sur les marchés financiers, la direction n'exclut rien.

«Je ne veux pas utiliser l'expression, mais je vais l'utiliser: il n'y a probablement pas de vaches sacrées à part la distribution, qui est le coeur de notre entreprise», a affirmé Dominique Boies, qui est âgé de 40 ans.

Rona promet en outre d'offrir «une proposition de valeur plus attrayante» à ses clients, tant les particuliers que les entrepreneurs.

Au cours des prochains jours, M. Boies prévoit rencontrer les plus importants actionnaires de Rona afin de leur expliquer son plan. Il a inclus dans sa liste la firme Invesco, qui a récemment exprimé son souhait de destituer le conseil d'administration de Rona.

Invesco et d'autres actionnaires déplorent que Rona ait rejeté du revers de la main, cet été, une offre d'achat hostile de 1,76 milliard $ présentée par le géant américain Lowe's.

Dominique Boies a révélé jeudi que l'an dernier, Rona a proposé d'acquérir la vingtaine de magasins que Lowe's possède en Ontario, mais en vain.

C'est en février, lors de la publication des résultats du quatrième trimestre, qu'on en saura plus sur les mesures concrètes que prendra Rona pour améliorer sa santé financière. Rona pourrait alors avoir un nouveau pdg, à moins que M. Boies ne soit confirmé dans ce poste.

Les investisseurs ont assez bien accueilli les orientations dévoilées jeudi: l'action de Rona a gagné trois pour cent pour clôturer à 10,45 $, à la Bourse de Toronto.

L'analyste Derek Dley, de la firme Canaccord, a toutefois estimé que les priorités communiquées jeudi étaient «semblables aux précédents plans stratégiques» de Rona.

M. Boies a par ailleurs indiqué qu'à sa prochaine assemblée annuelle des actionnaires, en mai, Rona entendait faire élire deux administrateurs provenant du Canada anglais. À l'heure actuelle, la quasi-totalité des membres du conseil d'administration de l'entreprise sont québécois.