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06/12/2012 05:25 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

Nétanyahou et Merkel en désaccord sur les colonies

Le premier ministre israélien a déclaré ne pas renoncer à une « paix mutuelle avec au moins une partie des Palestiniens » à l'occasion d'une visite en Allemagne, jeudi. Mais Israël ne renonce pas pour autant au développement de ses colonies.

Benyamin Nétanyahou, qui a lancé une intervention armée à Gaza en novembre pour répondre à des tirs de roquettes palestiniennes, a dit en conférence de presse espérer pouvoir engager une discussion sur une coexistence pacifique avec les Palestiniens. Cette déclaration survient sept jours après la reconnaissance à la Palestine du statut d'État observateur non membre à l'ONU. « Je n'y ai pas renoncé. Nous ne renonçons pas si vite », a-t-il insisté.

M. Nétanyahou a fait ces déclarations à l'issue d'une rencontre avec la chancelière allemande pour discuter notamment des manières d'améliorer la sécurité de son pays.

Lors de la conférence de presse qui a suivi la rencontre entre les deux chefs de gouvernements, Angela Merkel a rappelé que l'Allemagne désapprouvait le projet d'extension des colonies israéliennes en Cisjordanie.

« Sur la question des colonies, nous sommes d'accord pour dire que nous ne sommes pas d'accord », a déclaré la chancelière allemande, ajoutant que même si elle considérait qu'Israël avait tord à ce sujet, son avis était celui d'un pays ami.

« Israël prend ses décisions lui-même. Nous ne pouvons que donner une recommandation », a souligné Mme Merkel.

Benyamin Nétanyahou a pour sa part répliqué qu'il ne croyait pas que les colonies représentaient « la racine du problème » au Moyen-Orient.

Israël essuie plusieurs critiques sur la scène internationale depuis que le pays a annoncé un projet de construction de 3000 logements en Cisjordanie au lendemain de la reconnaissance d'un statut d'État non membre à la Palestine, le 29 novembre.

Ce projet est projeté dans un secteur jugé particulièrement sensible, appelé E1, entre Ma'aleh Adumim et Jérusalem. Il aurait pour conséquence de couper la Cisjordanie en deux, amputant encore davantage la continuité territoriale que réclament les Palestiniens. Ces derniers affirment que les constructions empêcheraient toute tentative de mettre en place un État stable en Cisjordanie.

Les Palestiniens estiment aussi qu'en tenant compte de la nouvelle reconnaissance de l'ONU, toutes les constructions israéliennes sur le territoire palestinien sont illégales. La Palestine a d'ailleurs demandé mercredi au Conseil de sécurité de l'ONU d'intervenir pour bloquer le projet.

Les premiers plans de construction ont été dévoilés mercredi. Le projet pourrait toutefois ne pas être mis en branle avant plusieurs années.