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06/12/2012 02:06 EST | Actualisé 04/02/2013 05:12 EST

L'Ontario ne bloquera pas les grèves tournantes d'enseignants

La ministre de l'Éducation, Laurel Broten, admet que la grève d'enseignants prévue pour lundi dans deux conseils scolaires anglophones constitue un « inconvénient » pour les parents, mais elle n'utilisera pas la loi spéciale 115 pour empêcher ce débrayage.

Malgré des mois de ligne dure à l'endroit des enseignants et après avoir promis que l'année scolaire ne serait pas perturbée par des débrayages, la ministre Broten choisit « l'équilibre » entre le droit de grève des enseignants et le droit à l'enseignement des élèves.

La ministre a ajouté, jeudi, que les documents nécessaires à l'utilisation de la loi spéciale en vertu d'un ordre ministériel étaient déjà prêts à être présentés au conseil des ministres, en cas de débrayage de plus d'un jour.

Mme Broten a qualifié le recours à la grève de « développement décevant ». Par ailleurs, elle a une fois de plus accusé les leaders syndicaux de prendre les élèves en otage.

Le premier ministre, Dalton McGuinty, abonde dans le même sens. Dans un communiqué, il accuse la Fédération des enseignants de l'élémentaire (FEEO) d'avoir passé « moins d'une heure en 10 mois à la table des négociations ».

Le syndicat a annoncé, mercredi, que ses membres des conseils scolaires North East de la région de Timmins et Avon Maitland de la région de Stratford débraieraient durant un jour, le 10 décembre. Le syndicat avait promis de donner un préavis aux parents.

Des grèves tournantes d'un jour devraient avoir lieu par la suite en décembre dans les différentes écoles primaires anglaises de la province.

Les enseignants du primaire du réseau public anglais de l'Ontario ont voté presque à l'unanimité (92 %) en faveur d'un débrayage panprovincial si les libéraux se servent des pouvoirs de la loi 115 pour suspendre leurs grèves tournantes.

Les enseignants anglophones des écoles secondaires publiques, eux, ont rompu les négociations contractuelles avec leurs conseils scolaires. Ils boycottent les activités parascolaires après les heures de classe.

Les deux syndicats d'enseignants contestent la constitutionnalité de la loi spéciale devant les tribunaux.

Pour leur part, les enseignants des écoles françaises et des établissements catholiques anglophones ont déjà ratifié une nouvelle convention collective.

Libéraux montrés du doigt

La chef néo-démocrate, Andrea Horwath, affirme, au sujet des grèves d'enseignants, que le gouvernement libéral est la seule partie à blâmer.

La ministre de l'Éducation, Laurel Broten, a accusé les leaders syndicaux de « chercher l'affrontement ». Elle souligne que la province fait face à un déficit de plus de 14 milliards de dollars et qu'un gel de salaire est incontournable.

Mais, de l'avis d'Andrea Horwath, du NPD, les syndicats ne sont pas à blâmer dans le conflit.

Le professeur de sciences politiques Ian Roberge, du Collège universitaire Glendon de Toronto, pense, lui, que le gouvernement McGuinty a raison d'insister en faisant valoir que le piteux état des finances publiques nécessite des concessions salariales. Il ajoute, toutefois, que les libéraux ont « poussé la note ».

Selon le professeur Roberge, le conflit en éducation, qui était pourtant un secteur de réussite jusqu'à maintenant pour les libéraux, « ouvre la porte aux conservateurs ».

Pour sa part, Mme Horwath du NPD, qui s'est toujours opposée à la loi 115, promet d'annuler la loi si elle prend le pouvoir. Elle a affirmé dans le passé que la loi spéciale finirait par coûter plus cher à la province que les économies escomptées, en raison des frais judiciaires liés à sa contestation devant les tribunaux par les syndicats.

Nombre de candidats libéraux à la succession du premier ministre Dalton McGuinty ont cherché eux aussi à se dissocier de la loi controversée, promettant de tenter de réparer les pots cassés avec les syndicats, s'ils sont choisis.

De son côté, Mme Horwath promet de tenter de collaborer avec le nouveau chef libéral qui sera choisi en janvier, mais elle n'écarte pas la possibilité d'essayer de faire tomber le gouvernement minoritaire en 2013.