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06/12/2012 05:32 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

Ligue des champions - La Juventus Turin a retrouvé son rang

La Juventus Turin retrouve les 8e de finale de la Ligue des champions, après quatre ans d'abstinence humiliants pour ce grand d'Europe, un retour qui valide le travail d'Antonio Conte et de tout un club.

"On a beaucoup souffert pour en arriver là", a dit après la victoire au Shakhtar Donetsk (1-0) Leonardo Bonucci, arrivé en même temps que Giuseppe Marotta, le directeur sportif qui a impulsé le recrutement depuis 2010. "A force de jouer des grands matches dans des grands stades, on a de plus en plus conscience d'être une bonne équipe", ajoute le défenseur.

La première saison fut catastrophique. Le costume "bianconero" était trop grand pour l'entraîneur Luigi Del Neri, et la Juve a fini encore 7e, et pas même qualifiée pour une coupe d'Europe.

Avec l'arrivée d'Antonio Conte la saison dernière, un grand ancien, elle a retrouvé la rage de vaincre. Et maintenant les 8e de finale de la Ligue des champions: elle les avait quittés en février 2009 sur une élimination contre Chelsea (1-0/2-2), qu'elle a justement fait tomber de son piédestal voici quinze jours (3-0).

Ensuite ce fut la traversée du désert, une élimination dès le premier tour à l'hiver 2010, sur un cinglant 4-1 décoché par le Bayern Munich à Turin même, et le déclin face à des roturiers de l'Europa League, Fulham, au printemps 2010, ou le Lech Poznan, qui l'a devancée l'hiver suivant en poules.

Et pas d'Europe en 2011-2012.

Mais la "Vieille Dame" s'est retroussé les manches et a mis à profit cette absence pour se refaire. Concentrée sur le championnat, elle a retrouvé le "scudetto" sans perdre un match de la saison.

Ce succès prend racine dans la nouvelle politique impulsée après le scandale du "Calciopoli" et la chute en 2e division (2006) par la famille Agnelli et le Français Jean-Claude Blanc, président du club puis administrateur, aujourd'hui au Paris Saint-Germain.

La Juve a anticipé la baisse des revenus du "calcio" et le fair-play financier voulu par l'UEFA, s'est bâti un stade qui lui appartient et lui rapporte, la seule enceinte privée d'Italie, et a misé sur une part de formation.

Comme un symbole, les buts "bianconeri" contre le Torino (3-0) samedi, pour le premier derby depuis trois ans, ont été signés par des joueurs du cru, Claudio Marchisio (doublé) et Sebastian Giovinco. Giorgio Chiellini vient aussi du vivier de la Juve et, comme eux, est devenu international.

La Juve n'a plus comme autrefois les moyens de s'acheter les meilleurs joueurs du monde (Michel Platini, Gianluca Vialli, Zinédine Zidane...), alors Marotta recrute malin. Il a pris gratuitement Andrea Pirlo, meilleur joueur du pays, à l'AC Milan, a senti monter l'étoile de Paul Pogba ou celle d'Arturo Vidal.

Autour des stars Pirlo et Gianluigi Buffon, la Juve a d'excellents soldats comme Stéphane Lichtsteiner, arrière très offensif du 3-5-2 de Conte, trouvé à la Lazio en 2011, symbole d'une équipe équilibrée, qui a su se ressaisir après son match raté à l'AC Milan il y a dix jours (1-0).

"Ces derniers temps on a été un peu en difficulté, mais depuis le Torino on a retrouvé la bonne mentalité pour gagner les matches", explique le Suisse.

La preuve par Bonucci, qui assure en souriant: "En 8e, moi je préfèrerais tomber contre le Real Madrid, je n'ai jamais joué à Bernabeu".

eba/gv