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06/12/2012 04:24 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

Le régime syrien dénonce la «guerre psychologique» de l'OTAN

BEYROUTH - L'OTAN a progressé jeudi dans son projet visant à déployer des systèmes antimissiles Patriot dans le sud de la Turquie pour faire face aux éventuelles attaques de la Syrie, des mesures qualifiées de «guerre psychologique» par le régime syrien.

Ce déploiement survient alors que plusieurs pays occidentaux s'inquiètent de plus en plus de la possibilité que le régime de Bachar el-Assad se serve de ses armes chimiques dans un acte de désespoir.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a écrit une lettre au président syrien, dans laquelle il lui demande de ne pas se servir de ces armes, sous aucun prétexte.

Le déploiement des missiles en Turquie signale au régime de Bachar el-Assad qu'il y aura des conséquences s'il a recours aux armes chimiques ou s'il s'attaque à la Turquie, un pays membre de l'OTAN qui soutient ouvertement les rebelles qui tentent de renverser le président syrien. Mais la portée limitée de ce déploiement illustre également la réticence des pays occidentaux à se lancer dans une intervention militaire directe en Syrie.

L'OTAN a accepté de déployer des systèmes antimissiles Patriot dans le sud de la Turquie après la mort de cinq Turcs dans des tirs d'obus de mortier provenant du territoire syrien.

Le cabinet allemand a approuvé la décision jeudi. Le ministre allemand de la Défense, Thomas de Maiziere, a déclaré aux journalistes que les Pays-Bas et les États-Unis devraient chacun fournir deux systèmes antimissiles, en plus de 400 soldats et de l'équipement de surveillance aérienne.

«Personne ne sait de quoi ce régime est capable, et c'est pourquoi nous agissons de façon préventive», a indiqué le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle.

Le Parlement allemand devrait donner son approbation finale à la mi-décembre. Les Pays-Bas devraient également approuver le déploiement bientôt, ce qui permettra au projet d'aller de l'avant.

À Washington, le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a affirmé jeudi que les rapports des services de renseignement augmentaient les inquiétudes quant à la possibilité que le régime syrien envisage d'utiliser ses armes chimiques.

Le gouvernement syrien a déclaré que le déploiement de l'OTAN en Turquie ne ferait pas changer le cours de la guerre en Syrie, estimant que les inquiétudes au sujet des armes chimiques étaient une conspiration pour justifier une future intervention militaire.

«Les mesures en Turquie et l'appui de l'OTAN sont des gestes provocateurs qui représentent une guerre psychologique», a déclaré le ministre adjoint des Affaires étrangères de la Syrie, Faisal Mekdad, lors d'une entrevue avec la chaîne libanaise Al-Manar. «Mais s'ils pensent que cela va affecter notre détermination et notre travail pour une victoire décisive dans cette guerre contre le terrorisme, ils se trompent lourdement.»

Le régime syrien n'a jamais vraiment confirmé qu'il possédait des armes chimiques, tout en déclarant qu'il ne s'en servirait jamais contre la population.

«Je répète pour la centième fois que même si de telles armes existaient en Syrie, elles ne seraient pas utilisées contre le peuple syrien», a dit M. Mekdad. «Nous ne pouvons commettre un tel suicide.»

Sur le terrain, les forces gouvernementales syriennes ont bombardé jeudi des banlieues de la capitale tenues par les rebelles. L'armée a aussi affronté des insurgés à Damas, à Alep et dans d'autres localités. Les militants de l'opposition n'étaient pas en mesure de fournir un bilan des victimes.

Selon les opposants au régime de Bachar el-Assad, plus de 40 000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début de la crise, en mars 2011.