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06/12/2012 09:17 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

Le monde arabe est particulièrement vulnérable aux changements climatiques

DOHA, Qatar - Le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord devraient être particulièrement frappés par les changements climatiques dans les décennies à venir, avec pour conséquences une baisse des précipitations, des températures encore plus chaudes et une élévation du niveau de la mer, selon un rapport de la Banque mondiale.

Si elle se confirme, la hausse des températures risque de frapper l'industrie du tourisme de ces régions, qui représente 50 milliards de $ US, mais aussi leur sécurité alimentaire. Les mauvaises récoltes devraient se multiplier, provoquant une baisse des rendements et une chute du revenu des ménages, précise le rapport, présenté mercredi à la conférence des Nations unies sur le réchauffement climatique, à Doha, au Qatar.

«Le changement climatique est une réalité pour la population des pays arabes», a souligné Inger Andersen, vice-présidente de la Banque mondiale pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

«Tout le monde sera touché, mais en particulier les pauvres, qui sont moins en mesure de s'adapter lorsque les conditions deviennent plus extrêmes. Les moyens de subsistance et le bien-être des populations seront affectés. Le temps est venu d'agir, tant au niveau régional que national et de mettre en oeuvre les moyens d'adaptation», a déclaré Mme Andersen.

Le manque d'eau, un problème crucial dans la région, devrait encore s'accentuer, estime le rapport. Avec la hausse prévue des températures dans ces régions, qui peuvent déjà dépasser 50 degrés Celsius en été, la sécheresse devrait devenir encore plus extrême. L'approvisionnement en eau courante devrait baisser de 10 pour cent d'ici 2050, alors que les besoins en eau devraient augmenter de 60 pour cent d'ici en 2045.

Le rapport exhorte aux pays des régions concernées d'améliorer leurs infrastructures en vue des changements à venir, en améliorant notamment le système de drainage et de digues en prévision des inondations.

«Réduire la vulnérabilité aux changements climatiques demandera une action concertée à plusieurs niveaux», a rappelé Rachel Kyte, vice-présidente de la Banque mondiale chargée du développement durable. «La volonté politique sera essentielle pour faire du changement climatique une priorité nationale et régionale.»

Selon le rapport, des modifications du climat ont déjà lieu en de nombreux endroits du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. Au cours des 30 dernières années, des catastrophes climatiques ont affecté 50 millions de personnes dans le monde arabe, avec un coût direct de 12 milliards de $ US. Le rapport cite notamment la crue du Nil de 2006 qui a fait 600 morts, ou la sécheresse record dans le bassin du Jourdain, qui a duré cinq ans, jusqu'en 2008. Sur les 19 records de températures enregistrés en 2010, près d'un quart l'ont été dans le monde arabe. Le mercure a atteint 52,6 degrés Celsius au Koweït cette année-là, une valeur encore dépassée en 2011 dans ce pays avec 53,5 degrés Celsius.

En 2010, un cyclone d'une rare intensité dans cette région s'est formé en mer d'Arabie, avec des vents de 230 kilomètres/heure. Cet ouragan a fait 44 morts et des dégâts évalués à 700 millions $ US à Oman.