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06/12/2012 06:12 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

Le Guatemala refuse d'accorder l'asile politique à John McAfee

CIUDAD DE GUATEMALA, Guatemala - John McAfee, fondateur de l'entreprise de logiciels antivirus qui porte son nom, a été hospitalisé jeudi après s'être fait refuser l'asile politique au Guatemala.

Ses avocats ont indiqué qu'ils feraient une dernière tentative pour éviter qu'il soit renvoyé au Belize, où les autorités veulent l'interroger dans le cadre d'une enquête sur la mort d'un compatriote américain qui vivait près de chez lui.

John McAfee a déclaré à l'Associated Press qu'il avait ressenti des douleurs à la poitrine durant la nuit, mais qu'il ne pensait pas avoir subi de crise cardiaque.

Un médecin du gouvernement qui l'a examiné a déclaré que le rythme cardiaque et la pression sanguine de M. McAfee étaient normaux et qu'il souffrait probablement d'un excès de stress.

M. McAfee a été transféré d'un centre d'immigration vers un hôpital géré par la police jeudi après-midi, après le rejet de sa demande d'asile par les autorités guatémaltèques, qui n'ont pas expliqué les raisons de leur décision.

Peu après l'annonce de la décision, John McAfee a écrit un billet sur son blogue, dans lequel il demande au public de faire pression sur le président du Guatemala, Otto Perez Molina, afin qu'il lui permette de rester au pays.

«Envoyez des courriels au président du Guatemala et suppliez-le de permettre à la justice de procéder, de déterminer mon statut au Guatemala. S'il-vous-plaît, soutenez l'asile politique que je demande», a-t-il écrit.

Les avocats de M. McAfee ont déclaré qu'ils se préparaient à faire appel devant la Cour constitutionnelle, une procédure qui pourrait permettre à leur client de rester au Guatemala pendant un ou deux jours de plus. La cour devra rendre sa décision en 48 heures.

Le fondateur de l'entreprise de logiciels antivirus a été arrêté mercredi pour être entré illégalement sur le territoire guatémaltèque, après une étrange cavale d'une semaine au cours de laquelle il s'est présenté comme un «fugitif» tentant d'échapper à la «persécution» des autorités du Belize. Pendant sa cavale, M. McAfee a alimenté régulièrement son blogue et il est resté en contact avec les journalistes.

Le porte-parole de la police du Belize, Raphael Martinez, a déclaré que les autorités du pays s'attendent à ce qu'il soit rapatrié afin d'être interrogé sur la mort par balle de Gregory Viant Faull au début du mois de novembre sur une île au large du Belize où les deux hommes étaient voisins.

Les autorités béliziennes n'ont émis aucun mandat d'arrestation à l'encontre de John McAfee. Cela signifie donc qu'après son éventuel rapatriement, il pourrait retourner sur l'île d'Ambergris Caye où il vit depuis quelques années.

M. McAfee a précisé qu'il demandait l'asile au Guatemala parce qu'il craint pour sa sécurité au Belize. Il prétend détenir des informations compromettantes sur la corruption des autorités et affirme être persécuté parce qu'il a refusé de donner de l'argent aux politiciens du pays.

La police du Belize nie toute persécution à l'encontre de John McAfee et répète qu'il ne fait pas l'objet d'un mandat d'arrestation. Le premier ministre bélizien a exprimé des doutes sur la santé mentale de M. McAfee.