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06/12/2012 02:27 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

La LNH a refusé l'offre de l'AJLNH, a mis un terme aux discussions

NEW YORK, États-Unis - Les négociations visant le renouvellement du contrat de travail dans la LNH ont heurté un autre mur — et celui-ci semble imposant.

Après deux journées marquées par l'optimisme au cours desquelles une entente semblait se dessiner à l'horizon, les négociations entre la ligue et l'Association des joueurs de la LNH (AJLNH) se sont rompues dramatiquement, jeudi.

À sa sortie de la salle de réunion jeudi, l'AJLNH avait déclaré qu'elle avait présenté une nouvelle offre dans l'espoir de mettre un terme au lock-out.

Fehr avait alors dit que les deux parties étaient «de toute évidence très proches, sinon l'une au-dessus de l'autre au sujet de nombreux enjeux majeurs.»

Mais la LNH a refusé l'offre du syndicat et a décidé de mettre un terme aux discussions, précisant au passage que les parties n'étaient pas aussi proches que Fehr le suggérait.

«J'ignore pourquoi il a dit ça», a lancé Gary Bettman en conférence de presse, visiblemenent en colère.

Le commissaire de la LNH a déclaré que toutes les nouvelles offres qui avaient été présentées aux joueurs plus tôt cette semaine avaient désormais été retirées de la table des négociations.

«Les tenants et aboutissants de tout ceci c'est: il semble que le syndicat suggère que nous sommes très proches d'une entente parce que nous avons réalisé des progrès substanciels sur certains enjeux», a expliqué Bettman. «Mais ces progrès étaient conditionnels aux concessions des joueurs sur d'autres enjeux qui, tandis que le syndicat poursuivait les négociations, n'étaient toujours pas acceptés.»

«Déçu de façon inimaginable»

Les détails des offres ont commencé à filtrer tôt jeudi matin, dont la volonté de la ligue d'augmenter à 300 millions $US le montant des versements différés de transition aux joueurs — qui semble être la clé depuis quelques semaines puisqu'il se trouve directement entre la LNH (211 millions $) et l'AJLNH (393 millions $).

Cependant des sources ont indiqué que l'offre de 300 millions $ de la ligue était conditionnelle aux concessions des joueurs sur d'autres enjeux. Les parties doivent toujours s'entendre sur l'autonomie des joueurs, l'arbitrage salarial ainsi que la durée maximale des contrats — un élément sur lequel la LNH met de la pression afin d'éliminer les contrats de longue durée, dont le salaire est significativement plus bas durant les dernières années de l'entente.

Parmi les autres enjeux se trouve la volonté de la ligue de ratifier un contrat de travail de 10 ans, assorti d'une option pour se retirer après huit ans. L'AJLNH a déposé une offre de contrat de travail de huit ans, assortie d'une clause permettant de se retirer après six ans.

«Je suis déçu de façon inimaginable du point où nous sommes rendus ce soir», a convenu Bettman.

Les commentaires de Fehr étaient tout aussi négatifs.

«Qu'est-ce que nous pouvons dire aux amateurs de hockey du Canada? Vous pouvez leur dire qu'il semble que ce ne sera pas réglé dans un futur immédiat», a dit Fehr. «J'espère que j'ai tort. Mais c'est de toute évidence le message que nous avons reçu aujourd'hui.»

Fehr a dit qu'il avait reçu un message vocal de la ligue déclarant que les propositions des joueurs n'étaient pas acceptables et qu'il n'y avait aucune raison de demeurer à New York pour poursuivre les négociations.

Le directeur exécutif du syndicat a mentionné que les derniers développements ne permettaient pas de croire que le conflit de travail «sera réglé dans un futur immédiat».

Aucune date n'a été établie pour la reprise des pourparlers.

«Nous allons prendre une profonde respiration et regarder où nous nous trouvons en ce moment puis déterminer ce qui doit être fait», a étayé Bettman.

Fehr a indiqué que les joueurs «avaient répondu de façon compréhensive» aux obstacles qui se sont dressés entre les parties durant les rencontres au cours des derniers jours.

Mais le commissaire adjoint Bill Daly a riposté en déclarant que l'offre «avait raté sa cible».

«Nous demeurons et sommes toujours engagés si vous acceptez les trois points qui sont importants à nos yeux, c'est-à-dire la longueur de la convention collective, la durée maximale des contrats, qui est une condition vitale pour ratifier une nouvelle entente, et d'autres enjeux connexes», a énuméré Daly. «Et ce que nous avons reçu aujourd'hui, pour être honnête avec vous et avec toute la déception que cela implique, a raté les trois objectifs que nous avions établis. En conséquence, que le syndicat suggère que nous sommes si proches, c'est agaçant et malheureux.»

Parmi les autres enjeux se trouvent le fonds de pension des joueurs et les paiements de transition.

Le retour des médiateurs?

Plus tôt jeudi, les parties étaient retournées à la table des négociations pour environ une heure, mais elles étaient représentées par beaucoup moins de personnes que lors des deux journées précédentes. La séance avait aussi été considérablement plus courte et Daly avait refusé d'émettre des commentaires tandis qu'il quittait l'hôtel situé au coeur de l'île de Manhattan.

Daly et le conseiller en chef Bob Batterman ont représenté la ligue, tandis que Donald Fehr et le conseiller spécial Steve Fehr parlaient au nom des joueurs, en compagnie de quelques-uns d'entre eux.

Aucun des six propriétaires de la ligue qui ont pris part aux pourparlers au cours des deux derniers jours n'était présent.

Quatre membres de ce groupe — Ron Burkle, des Penguins de Pittsburgh, Jeff Vinik, du Lightning de Tampa Bay, et Mark Chipman, des Jets de Winnipeg — étaient considérés comme étant les modérés qui ont fait le voyage vers New York dans l'espoir de dénouer l'impasse.

Les parties se sont rapprochées en déposant des offres et contre-offres au cours des derniers jours, mais des obstacles ont persisté.

Plus tôt jeudi, l'AJLNH a demandé qu'on ramène des médiateurs fédéraux américains dans le processus de négociations avec la Ligue nationale.

La présence de médiateurs pendant deux jours, la semaine dernière, n'avait pourtant rien donné.