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06/12/2012 12:06 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

La Banque du Canada lance une mise en garde au sujet des taux d'intérêt

OTTAWA - La Banque du Canada a prévenu jeudi que la faiblesse de ses propres taux d'intérêt et de ceux d'autres banques centrales ajoutait aux risques qui pèsent sur un système financier mondial et une économie déjà sous tension.

La banque centrale canadienne a expliqué que les taux très peu élevés en vigueur depuis la récession de 2008-2009 nuisaient aux sociétés d'assurance et aux régimes de retraite, en plus d'inciter les investisseurs à courir davantage de risques pour obtenir des rendements plus intéressants.

Au Canada, ces taux ont contribué à un autre facteur de risque important: un marché immobilier en surchauffe et un endettement important des ménages, alors que les Canadiens profitent des taux pour investir dans l'immobilier.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a déjà lancé plusieurs mises en garde au sujet des dangers associés à la faiblesse des taux d'intérêt — que de nombreux Canadiens perçoivent comme une bonne chose — mais cette fois, le Conseil de direction de la banque estime que le risque est suffisamment important pour l'ajouter à la liste de ceux qui pèsent sur le Canada et le reste de la planète.

«Les bas taux d'intérêt dans les grandes économies avancées constituent un autre risque pour la stabilité financière, aussi bien nationale que mondiale», a écrit la banque dans l'édition de décembre de sa Revue du système financier.

«Le danger ici est que la vulnérabilité des institutions financières dont les engagements sont à long terme (comme les compagnies d'assurance vie et les caisses de retraite) ne s'accentue et que la quête de rendement n'incite les établissements à la prise de risques excessifs, qui pourrait induire une distorsion des prix des actifs, tant réels que financiers», a-t-elle ajouté.

La prise de risque, autre important facteur ayant contribué à la crise financière de 2008-2009, demeure modérée, mais elle augmente, a indiqué la banque.

«Il existe peu d'éléments indiquant que la prise de risque soit excessive chez les gestionnaires de fonds de pension ou les sociétés d'assurance vie, ou sur les marchés financiers mondiaux en général, mais certains signes donnent à penser que la tolérance des investisseurs à l'égard des risques est en train d'augmenter», a-t-elle écrit dans son rapport.

Les compagnies d'assurance sont affectées, selon la banque, parce qu'elles doivent réinvestir leurs flux de trésorerie à un rendement plus faible que ce qu'elles prévoyaient. Les entreprises canadiennes sont plus touchées que les sociétés américaines, en raison de règles comptables plus strictes au pays.

La solvabilité des régimes de retraite à prestations déterminées est aussi mise en péril car «lorsque les taux à long terme diminuent, les régimes voient la valeur actuelle de leurs engagements futurs croître dans une plus large mesure que celle de leurs actifs, créant ainsi un déficit de financement».