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06/12/2012 10:23 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

Khartoum a attaqué un groupe rebelle malgré un accord de paix (chef rebelle)

Le seul groupe rebelle du Darfour à avoir signé un accord de paix avec les autorités soudanaises dans cette région de l'ouest du pays en proie à des violences a accusé jeudi l'armée de l'avoir attaqué.

"Hier, les forces du Mouvement de la libération et de la justice (LJM) ont fait l'objet d'une attaque de la part de l'armée soudanaise près d'El-Facher", la capitale de l'Etat du Darfour-Nord, a déclaré à des journalistes le chef du LJM, Eltigani Seisi.

"Deux de nos hommes ont été tués et trois autres ont été arrêtés", a-t-il ajouté.

Mi-octobre, la mission de paix conjointe Union africaine-Nations unies au Darfour (Minuad) avait estimé que l'application du cessez-le-feu signé en 2011 à Doha par le gouvernement et le LJM, une coalition de petites factions rebelles darfouries, était dans l'impasse.

Des médias officiels ont annoncé que l'armée avait tué deux membres du Front révolutionnaire, une alliance de rebelles du Darfour dont les principaux groupes avaient refusé de signer l'accord de Doha, et avait mis la main sur deux de ses véhicules.

"C'est un mensonge", a répliqué M. Seisi, assurant que l'armée savait "très bien" que les deux véhicules appartenaient au LJM.

Le chef rebelle, qui dirige l'Autorité régionale du Darfour mise en place pour appliquer l'accord de Doha, a indiqué avoir demandé à la Minuad d'enquêter sur l'incident, prévenant que ce type d'incident était de nature à "saper la confiance dans l'accord de Doha".

De son côté, la Minuad a fait état jeudi de combats violents entre l'armée et d'autres rebelles au sud d'El-Facher.

Les Casques bleus ont observé mardi un "échange de tirs intense entre les forces gouvernementales et un groupe armé inconnu dans le secteur de Shangil Tobay", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la Minuad, qui a aussi évoqué des frappes aériennes dans l'est du Jebel Marra, une région montagneuse située à une centaine de kilomètres au sud-ouest d'El-Facher.

Au moins 300.000 personnes selon l'ONU --10.000 selon le gouvernement-- ont été tuées depuis le début de la guerre du Darfour en 2003 entre des groupes rebelles autochtones et le régime de Khartoum.

Les violences ont baissé en intensité, mais la région reste frappée par des affrontements sporadiques entre des rebelles et les forces gouvernementales et entre groupes ethniques, ainsi que par le banditisme.

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