BIEN-ÊTRE
06/12/2012 11:32 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

Kenzo Takada : "La haute Joaillerie est un monde complètement à part pour moi"

Vianney d'Alançon, fondateur d'un atelier de haute joaillerie situé au numéro 10 de la rue Royale, à Paris, a annoncé le lancement d'une série de collaborations avec des designers célèbres. Kenzo Takada est le premier à se jeter à l'eau avec la collection "10 Royale by Kenzo Takada". Retour sur ce partenariat inédit avec le couturier japonais.

Relaxnews : Comment est venue cette nouvelle collaboration ?
Kenzo Takada : Il y a un peu plus d'un an, une amie commune m'a parlé de 10 rue Royale Haute Joaillerie. Je lui ai répondu que je n'avais jamais fait de haute joaillerie. J'ai alors rencontré Vianney et sa jeune équipe que j'ai trouvé très ouverte. J'ai vu les gens qui font les bijoux, ça m'a donné vraiment envie de faire quelque chose. Je me suis dit que j'aimerais essayer.

R. : Vous ne connaissiez pas du tout cet univers?
K.T. :
 J'aime bien sûr regarder les bijoux de haute joaillerie, mais je n'avais jamais pensé que je pouvais en faire. C'est un monde complètement à part pour moi. L'ouverture d'esprit de mes collaborateurs m'a permis d'entrer dans cet univers.  J'ai dessiné deux thèmes - au début trois étaient prévus - un plutôt classique, floral et un autre plus graphique, astral.

R. : Ce thème floral est très champêtre? 
K.T. : Oui, j'aime le côté fleurs des champs, quelque chose d'assez sauvage ou naturel, comme les pivoines. J'adore la pivoine, le coquelicot, le pavot, l'anémone ... L'année dernière, au mois de mai ou de juin, j'étais en Italie et je suis tombé sur des champs de coquelicots. J'ai pris beaucoup de photos, tellement c'était joli. Il y avait beaucoup de vent, ce qui faisait bouger les pétales. A partir de ça, j'ai fait des esquisses puis des découpes de cartons en forme de vagues.

R. : D'où vient le thème graphique, "astral" ?
K.T. : En fait c'est un dessin de mon sceau de famille qui, à l'origine, est représenté par la campanule, fleur  ressemblant à une étoile.

R. : Vous portez une bague arborant elle aussi ce graphisme ...
K.T. : Je l'ai commandée pour moi.

R. : Parce qu'avant, vous ne portiez pas du tout votre blason ?
K.T. : Si, mais pas le blason familial. En Inde, j'ai acheté la bague d'un maharaja, mais je l'ai perdue.  Composée d'un diamant taillé "tout plat", elle brillait peu. Elle était assez sobre, mais je l'aimais beaucoup. Après ça, je n'ai plus porté de bagues. J'ai donc commandé cette bague pour moi.

R. : Que symbolise-t-elle?
K.T. : C'est le sceau de ma famille. J'en suis très content. Elle symbolise la campagne et les fleurs de champs.

R. : Est-ce que vous vous intéressez aussi aux pierres ?
K.T. : Je ne les connais pas bien, mais Vianney est vraiment un spécialiste. Il a commencé en Colombie, puis il est allé dans le monde entier pour chercher des pierres. Je dis bravo.  Il est très jeune mais il a un vrai côté professionnel et son équipe est formidable. C'est bien de travailler avec quelqu'un de jeune avec beaucoup de motivation, avec des gens qui savent faire. J'aime travailler avec des gens qui connaissent leur métier.

R. : Combien de pièces avez-vous conçues?
K.T. : Un peu plus d'une vingtaine.

R. : De quoi vous donner envie de poursuivre dans cet univers?
K.T. : Pourquoi pas. On va voir. Mais c'était vraiment intéressant.