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06/12/2012 10:27 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

Greenpeace accuse Résolu d'avoir violé l'EFBC et se retire de l'entente

MONTRÉAL - Greenpeace s'est retiré jeudi de l'Entente sur la forêt boréale canadienne (EFBC), reprochant à l'un des signataires industriels, Produits forestiers Résolu, d'avoir aménagé des chemins dans les Montagnes Blanches, autour du réservoir Manouane au nord du Saguenay-Lac-Saint-Jean, en violation de l'accord.

«Le fait qu'on ait autorisé la construction de chemins dans les zones de moratoire vient violer directement l'entente, a indiqué le directeur de Greenpeace au Québec, Nicolas Mainville. Aucune compagnie ne devait entrer dans ces territoires-là.»

L'entente, signée en 2010 par 21 compagnies forestières et neuf groupes environnementaux, prévoyait que les entreprises respectent un moratoire sur une zone de 28 millions d'hectares de forêt boréale au Canada, dont 8 millions d'hectares au Québec.

En contrepartie, les groupes environnementaux s'engageaient à cesser leurs campagnes de pression publiques contre les compagnies en question.

L'instauration d'un moratoire visait à donner le temps de déterminer des aires à protéger, un objectif qui s'avère difficile à atteindre, selon M. Mainville.

«Après deux ans et demi de négociations et aucun hectare de forêt protégé en forêt boréale, c'est clair que l'entente n'a plus de crédibilité au niveau environnement du fait que le plus gros joueur de l'entente (Résolu) a violé cette entente», a-t-il indiqué.

Greenpeace juge prioritaire le secteur des Montagnes Blanches, l'une des dernières forêts vierges au Québec, notamment en raison d'une forte concentration de caribou forestier, une espèce menacée.

Mais Produits forestiers Résolu se défend d'avoir contrevenu à l'entente.

«Ces allégations sont non fondées», a indiqué le directeur des affaires publiques de Résolu au Canada, Pierre Choquette, ajoutant que l'entreprise a toujours respecté et va continuer de respecter l'entente.

Bien qu'il n'ait pas nié l'aménagement de chemins, M. Choquette a tenu à faire cette précision: «en ce qui a trait aux Montagnes Blanches, les activités de récolte qui s'y déroulent présentement et dont Résolu a la responsabilité ne contreviennent pas à l'entente».

M. Mainville a soutenu que la grande majorité des compagnies forestières et les groupes environnementalistes ont travaillé d'arrache-pied pour déterminer quels endroits devraient être protégés dans le cadre de cette entente. Il a même précisé que des employés de Résolu ont aussi fait des efforts considérables mais que la haute direction de l'entreprise n'a pas démontré de bonne volonté, comme en témoigne cette incursion dans une zone sous moratoire.

M. Choquette fait valoir pour sa part que seul Greenpeace s'est retiré de l'entente alors que l'ensemble des huit autres organismes environnementaux et tous les partenaires industriels continuent de l'appuyer et que les discussions se poursuivent en vue d'en arriver à des ententes sur des aires protégées.