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06/12/2012 07:43 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

Frappées par un typhon, les Philippines lancent un appel vibrant à Doha

A la veille de la fin des négociations sur le climat à Doha, les Philippines, frappées par un typhon dévastateur, ont lancé jeudi un vibrant appel "aux dirigeants du monde entier" à ne "plus trouver d'excuses" pour ne pas agir contre le réchauffement climatique.

"Je lance un appel au monde entier, aux dirigeants du monde d'entier: ouvrez vos yeux et regardez la réalité en face", a déclaré le chef de la délégation de l'archipel, Naderev Sano, lors d'un discours devant les délégations de plus de 190 pays.

"Je parle au nom de centaines de personnes qui ont péri dans la tragédie qui nous frappe", a-t-il dit.

Le sud des Philippines vient d'être dévasté par le typhon Bopha qui risque d'être l'un des plus meurtriers de ces dernières années dans l'archipel. Les autorités faisaient état jeudi de quelque 500 morts, près de 400 disparus et 200.000 personnes à la rue.

"C'est un retour brutal à la réalité pour ma délégation sur la réalité du changement climatique", a déclaré le délégué philippin. "Et alors que nous sommes assis ici, que nous hésitons et différons les décisions, le bilan des morts augmente".

"S'il vous plait. Plus de retard, plus d'excuses. S'ils vous plait, faites de Doha l'endroit dont on se souviendra comme celui où nous avons trouvé la volonté politique de faire avancer les choses", a poursuivi M. Sano.

"Si nous ne faisons pas les choses? Qui les fera? Et si nous ne les faisons pas maintenant, quand les ferons-nous? Et si nous ne les faisons pas ici, où les ferons-nous?", a-t-il encore dit, avant de finir son allocution sous les applaudissements.

La conférence de l'ONU sur la lutte contre le changement climatique entrait jeudi dans sa toute dernière ligne droite.

L'un des principaux points de blocage à un accord, attendu dans la nuit de vendredi à samedi, portait sur la question de l'aide financière que les pays du Sud attendent des pays développés.

Ces premiers demandent 60 milliards de dollars d'ici 2015, pour assurer une transition entre l'aide d'urgence portant sur 30 milliards de dollars pour 2010-2012, et la promesse des 100 milliards par an d'ici 2020.

Or, pour l'heure, les grands bailleurs de fonds que sont les Etats-Unis, l'Union européenne dans son ensemble ou encore le Japon n'ont posé aucun montant sur la table des négociations.

cls/sw

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