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06/12/2012 06:30 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

De Madrid à Manchester ou Soweto: les derbies, guerres de tranchées du foot

Juve-Torino et Real-Atletico à Turin et Madrid le week-end dernier, City-United et Kaizer Chiefs-Orlando Pirates ce week-end à Manchester et Soweto: la planète football regorge de ces derbies, traductions de vieilles rivalités sociales, politiques ou religieuses.

Manchester City contre Manchester United dimanche pour la 16e journée du Championnat d'Angleterre: le dauphin contre le leader, les nouveaux riches "bleus" propriété du cheikh d'Abou Dhabi contre les "Diables rouges" au CV bardé de titres, le club des vrais Mancuniens, les "Citizens", contre celui des banlieusards. Une rivalité née en 1881.

Quelques hectomètres séparent la pelouse de l'Etihad Stadium de celle d'Old Trafford ; dans le township de Soweto, les Chiefs et les Pirates sont également voisins. Mais dans les deux cas, dimanche à Manchester, samedi à Johannesburg, les deux villes seront momentanément déchirées.

Au Caire ou à Téhéran, avec les duels Zamalek-Al Ahly ou Persépolis-Esteghlal, à Londres, avec l'affrontement entre les frères ennemis d'Arsenal et Tottenham: chaque capitale ou presque connaît ces querelles de clochers arbitrées autour d'un ballon rond.

Mais la capitale mondiale des derbies reste Montevideo et ses 14 clubs, pour un championnat uruguayen à 16 équipes... A côté, Buenos Aires et Londres, avec six clubs chacun parmi l'élite, font presque pâle figure.

Deux grands pays du football échappent paradoxalement à ces passions fratricides: la France et l'Allemagne.

Exceptée une courte parenthèse dans les années 80, avec les duels parisiens entre le PSG et le Matra Racing de Lagardère, l'idée de derby est inexistante dans l'Hexagone. Seul l'affrontement entre l'Olympique lyonnais et l'AS Saint-Etienne tente d'endosser ce label, même si 70 km séparent les deux villes.

De même, aucun match au sein d'une même ville cette année dans la Bundesliga allemande. Ici, le seul véritable derby est celui de la Ruhr, entre le Borussia Dortmund et Schalke 04. Ou alors il faut aller en deuxième division, à Berlin, pour un Union-Hertha, souvenir de la séparation Est-Ouest.

Hormis ces deux exceptions, toutes les grandes villes du monde ou presque connaissent des derbies. Avec en tête d'affiche le mythique "Fla-Flu" brésilien, le duel carioca entre Flamengo et Fluminense, centenaire depuis cet été.

Chaque rivalité a sa spécificité. A Istanbul, Galatasaray-Fenerbahçe est le seul derby intercontinental, entre le club européen et son voisin asiatique, sur l'autre rive du Bosphore. A Athènes, le match Olympiakos-Panathinaïkos a lui un goût de lutte des classes, entre le club des dockers du Pirée et celui des classes aisées du "Pana".

Bouillants, ces derbies voient parfois la tension déborder de la pelouse. Fin octobre, à Buenos Aires, 25 supporteurs ont été blessés lors des dernières retrouvailles entre River Plate et Boca Juniors, les deux clubs nés sur les rives du Rio de la Plata. De quoi justifier la sulfureuse réputation du "Superclasico", soldé par 71 morts en 1968 au stade Monumental des "Millionnaires" de River.

Entre les Celtics et les Rangers, à Glasgow, en Ecosse, la rivalité est également marquée: la frontière est religieuse, catholiques d'un côté, au sein d'un club fondé par un prêtre irlandais, protestants de l'autre. Mais le "Old Firm", sans doute l'un des derbies les plus célèbres, a disparu du paysage cette année avec la relégation des Rangers en 4e division, pour raisons financières.

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