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05/12/2012 09:54 EST | Actualisé 04/02/2013 05:12 EST

Y aura-t-il une intervention militaire dans le nord du Mali?

Alors que deux groupes armés - Ansar Dine (islamiste) et le MNLA (séparatiste touareg) - avaient entamé mardi des négociations avec le gouvernement malien, avec la médiation du président burkinabé Blaise Compaoré, le Mali a réclamé mercredi au Conseil de sécurité de l'ONU « d'agir vite » pour une intervention militaire dans le nord du pays.

Le Conseil de sécurité doit se prononcer prochainement sur une opération internationale pour chasser les islamistes du nord du Mali, sur la base d'une résolution préparée par la France, à la demande du Mali et de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

Cependant, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a rappelé qu'il préférait une approche prudente et progressive, avec pour priorité la négociation avec certains des groupes qui contrôlent le Nord.

Le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires politiques, Jeffrey Feltman, a répété lui aussi que l'intervention devait être un « dernier recours ».

Dans un rapport sur la situation au Mali, M. Ban avait mis en garde sur le recours à la force, qui « pourrait aussi risquer de ruiner toute chance d'une solution politique négociée ».

De son côté, le président ivoirien Alassane Ouattara, dirigeant de la CEDEAO, a déclaré mercredi que « l'intervention militaire est indispensable et urgente » et qu'il la souhaite pour « le premier trimestre » 2013.

Mais le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix, le Français Hervé Ladsous, a expliqué qu'une intervention militaire ne pourrait « pas se faire avant septembre-octobre » 2013.

Devant la multiplication des déclarations contradictoires, le président tchadien Idriss Deby a dénoncé une « confusion totale ».

Grandes lignes

Au terme de la première réunion, le gouvernement malien, Ansar Dine et le MNLA se sont entendus sur les bases des négociations qui vont se poursuivre :

  • intégrité territoriale du Mali;
  • refus de toute forme d'extrémisme et de terrorisme;
  • nécessité de créer un cadre de dialogue intermalien inclusif;
  • respect des droits de l'homme, de la dignité humaine, des libertés fondamentales et religieuses.

Sanctions contre le Mujao

Le Conseil de sécurité des Nations unies a décrété mercredi des sanctions contre le groupe islamiste Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), un des groupes qui contrôlent le nord du Mali.

Les pays membres de l'ONU ont l'obligation d'imposer aux membres de ce groupe un gel des avoirs, un embargo sur les armes et une interdiction de voyager.

Le Comité des sanctions de l'ONU souligne que le MUJAO « travaille en collaboration avec AQMI [Al-Qaïda au Maghreb islamique], dont il tire ses capacités opérationnelles et partage ses objectifs ».

« Les dirigeants du MUJAO sont connus pour être des trafiquants de drogue impliqués dans le trafic au Sahel et dans le sud de l'Algérie », précise le Comité. Il indique aussi que le groupe est « lourdement armé » et a revendiqué en 2011 et 2012 une série d'attaques contre des gendarmeries en Algérie et d'enlèvements de travailleurs humanitaires et de diplomates algériens.

Le nord du Mali est contrôlé depuis la fin juin par trois groupes islamistes armés : Ansar Dine, mouvement essentiellement composé de Touareg maliens, et les djihadistes, surtout étrangers, d'AQMI et du MUJAO.