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05/12/2012 06:04 EST | Actualisé 04/02/2013 05:12 EST

Pas de preuve de l'efficacité de l'EPO mais des risques avérés pour la santé (étude)

Les cyclistes qui se dopent à l'EPO (erythropoïétine) mettent leur vie en danger, sans être certains de pouvoir améliorer leurs performances, selon une étude de chercheurs européens publiée jeudi.

Selon cette étude, il n'existe "aucune preuve scientifique" que l'EPO améliore les performances des cyclistes de haut niveau.

Ce qui est certain, en revanche, c'est que la substance fait courir de sérieux risques à ceux qui l'utilisent, en raison d'un épaississement du sang qui peut aboutir à la constitution de caillots pouvant entraîner des infarctus et des accidents vasculaires cérébraux, écrivent les auteurs de l'article publié dans le British Journal of Clinical Pharmacology.

L'érythropoïétine est une hormone naturelle, produite par les reins, qui agit sur la moelle osseuse pour stimuler la production des globules rouges et améliorer ainsi le transport de l'oxygène dans le corps.

Produite actuellement de façon industrielle par le génie génétique, elle est surtout destinée aux patients dialysés afin de les aider à combattre des anémies.

Elle est apparue sur la liste des produits interdits par le Comité olympique international au début des années 1990, lorsque les premiers soupçons de dopage d'athlètes par cette substance se sont fait jour.

Le scandale de l'EPO a surtout frappé le cyclisme, éclaboussant notamment le Tour de France et Lance Armstrong, dépouillé cette année de ses 7 victoires au Tour après des accusations de dopage.

L'équipe de chercheurs dirigée par Adam Cohen, professeur au centre de recherche sur les médicaments aux Pays-Bas, a passé en revue les données existantes sur les effets de l'EPO sur des cyclistes en bonne santé, mais dont aucun n'avait participé à des compétitions de très haut niveau.

L'EPO passe pour augmenter la capacité d'endurance de 20%, par le biais d'une augmentation de la VO2 max, le débit maximal d'oxygène qui peut être apporté aux muscles lors d'un effort.

Mais aucune preuve d'amélioration de l'endurance n'a été apportée chez les cyclistes dont la VO2 max a été testée pendant une durée de 20 minutes, alors qu'une course de haut niveau peut durer 5 à 6 heures.

Pour les auteurs de l'étude, la VO2 max ne jouerait d'ailleurs qu'un rôle mineur dans la capacité d'endurance des cyclistes professionnels, car peu de courses sont d'une intensité telle que la VO2 max puisse être décisive.

"Alors qu'il n'existe aucune preuve convaincante de l'efficacité d'un médicament dans ce contexte, l'inscription de l'EPO sur la liste des médicaments interdits a pu faire croire à tort qu'il existerait un effet bénéfique prouvé sur les performances des cyclistes professionnels" relèvent encore les auteurs qui espèrent que leur étude va conduire les cyclistes et leurs entraîneurs à renoncer au dopage.

Ils réclament également de nouvelles études, portant plus spécialement les cyclistes de haut niveau.

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