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05/12/2012 03:45 EST | Actualisé 04/02/2013 05:12 EST

Le militant Paul Watson est de retour en mer après avoir échappé à la justice

SEATTLE - Le fondateur de l'organisation Sea Shepherd, qui milite contre la chasse à la baleine, est de retour dans les eaux de l'Antarctique afin de traquer les baleiniers japonais, plusieurs mois après avoir échappé à la justice allemande.

Dans une entrevue accordée mardi depuis l'un des navires de Sea Shepherd, le Canadien Paul Watson a raconté à l'Associated Press que son travail était de protéger les baleines, et qu'il ne pouvait l'accomplir s'il se trouvait derrière les barreaux.

Il a indiqué que la flottille du groupe écologiste était déjà dans l'océan Antarctique.

M. Watson avait fui l'Allemagne en juillet après avoir été arrêté sur ordre du gouvernement du Costa Rica, qui le recherche parce qu'il aurait mis en danger l'équipage d'un bateau de pêche en 2002.

L'activiste de 62 ans a affirmé que ces accusations avaient été portées en raison de la pression exercée par le gouvernement japonais, et qu'il aurait été éventuellement extradé vers le Japon s'il était demeuré en prison.

Peu de temps après l'arrestation de Paul Watson en mai, Sea Shepherd avait émis un communiqué disant que son fondateur réalisait un documentaire à l'époque du présumé incident, qui s'est déroulé dans les eaux du Guatemala il y a 10 ans.

D'après l'organisation, Paul Watson avait surpris un navire costaricain, le «Varadero», en train de s'adonner au trafic d'aileron de requin, une pratique illégale, et ordonné à l'équipage de retourner au port afin de faire face à la justice. Les marins du «Varadero» ont toutefois accusé le militant d'avoir essayé de les tuer en percutant leur navire.

M. Watson a quitté Greenpeace en 1977 pour fonder Sea Shepherd. Le groupe a mené des campagnes musclées afin de protéger les baleines, les dauphins et d'autres animaux marins, poussant les autorités japonaises à qualifier ses membres de terroristes et à tenter de faire arrêter son fondateur pour avoir supposément orchestré des manifestations violentes.

L'organisation, basée à Friday Harbor, dans l'État de Washington, est devenue célèbre grâce à la téléréalité «Whale Wars».

Les militants de Sea Shepherd utilisent des bombes puantes et d'autres moyens non dangereux pour empêcher les baleiniers de travailler. Ils soutiennent que leurs activités s'appuient sur le droit international.

Cette année, le groupe a baptisé sa campagne «Opération tolérance zéro», et aura recours à quatre navires, un hélicoptère et des drones. Paul Watson a expliqué que les drones seraient employés à des fins de surveillance, de reconnaissance et de documentation. Il a précisé qu'il s'agissait d'appareils comparables à ceux utilisés par les militaires et qui pouvaient voler à des centaines de milliers de kilomètres de ses bateaux.

L'activiste a ajouté qu'un retour aux États-Unis était peu probable pour lui, puisque les autorités américaines finiraient sans doute par le livrer au Japon.

En février, un juge fédéral américain basé à Seattle avait refusé de restreindre les activités de la Société de conservation Sea Shepherd, rejetant la requête présentée par l'Institut de la recherche sur les cétacés, qui bénéficie du soutien du gouvernement japonais.