NOUVELLES
05/12/2012 02:01 EST | Actualisé 04/02/2013 05:12 EST

Le conflit syrien se propage au Liban: six morts et 50 blessés à Tripoli

TRIPOLI, Liban - Des partisans et des opposants du régime syrien se sont affrontés mercredi dans les rues de Tripoli, dans le nord du Liban, où les combats ont fait au moins six morts et plus de 50 blessés en deux jours, ont déclaré des responsables.

L'armée libanaise a investi la ville pour tenter d'apaiser les tensions. Les soldats patrouillent dans les rues en véhicules blindés et ont érigé des points de contrôle. Les autorités ont fermé les principales artères menant à la zone à cause des tireurs embusqués.

Ces affrontements surviennent dans une période de profonde incertitude en Syrie, où les rebelles se rapprochent de plus en plus du siège du pouvoir du président Bachar el-Assad à Damas.

À Bruxelles, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a réitéré les inquiétudes des États-Unis, qui craignent que le régime de syrien ait recours à des armes chimiques ou qu'il en perde le contrôle au profit des insurgés.

Mme Clinton a également déclaré que la décision de l'OTAN de déployer des systèmes antimissiles Patriot dans le sud de la Turquie, près de la frontière avec la Syrie, envoyait le message que la Turquie est soutenue par ses alliés. Les missiles ne serviront qu'à des fins défensives, a-t-elle assuré.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a déclaré que la Syrie possédait environ 700 missiles, dont certains à longue portée, selon le journal turc «Sabah».

«En ce moment, nous ne savons pas où se trouvent ces missiles, de quelle façon ils sont entreposés et par qui ils sont surveillés», a déclaré M. Davutoglu, cité par le journal.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exhorté mercredi le régime syrien à ne pas se servir de ses stocks d'armes chimiques, prévenant que d'«énormes conséquences» pourraient en découler.

La régime syrien n'a jamais vraiment confirmé qu'il possédait de telles armes, mais il a déclaré qu'il ne s'en servirait jamais contre la population syrienne.

M. Ban a également laissé entendre qu'il n'était pas favorable à l'idée qu'un pays offre l'asile au président syrien pour mettre fin à la guerre. Il a souligné que les Nations unies ne permettaient pas «l'impunité» de quiconque.

Le porte-parole du département d'État américain, Mark Toner, a déclaré mercredi que l'administration américaine savait que plusieurs pays du Moyen-Orient et d'autres régions avaient offert l'asile à Bachar el-Assad et à sa famille s'ils acceptent de quitter la Syrie.

Cette possibilité soulève des questions sérieuses sur l'imputabilité de ceux qui ont commis des crimes contre le peuple syrien, a dit M. Toner. Mais il a ajouté que les États-Unis étaient convaincus que le président syrien devait partir et qu'il ne pouvait plus jouer de rôle dans l'avenir de la Syrie.

La crise syrienne a déjà débordé en Turquie, en Israël et en Jordanie depuis 20 mois, mais le Liban est particulièrement vulnérable. Le Liban et la Syrie partagent un réseau complexe de liens politiques et communautaires, et les rivalités s'enflamment rapidement. Des affrontements entre partisans et opposants du régime syrien ont éclaté à des dizaines de reprises au Liban depuis le début de la guerre.

Les tensions couvent à Tripoli depuis la semaine dernière, après l'annonce de la mort de 17 combattants sunnites libanais tués en Syrie, apparemment après avoir rejoint les rangs des rebelles. Les corps de certains d'entre eux ont été montrés à la télévision syrienne.

Mercredi, l'ambassadeur syrien Ali Abdul Karim Ali a annoncé au ministre libanais des Affaires étrangères, Adnan Mansour, que le gouvernement syrien avait accepté de rapatrier les corps des 17 hommes.

Des politiciens antisyriens ont critiqué le gouvernement libanais, mené par le Hezbollah, pour ce qu'ils considèrent comme un manque d'efforts afin de rapatrier les corps des combattants. Le Hezbollah appuie le régime du président Bachar el-Assad.

Les combats à Tripoli opposent depuis deux jours le quartier de Bab Tabbaneh, qui soutient les rebelles syriens majoritairement sunnites, au quartier alaouite de Jabal Mohsen, qui appuie le régime syrien.

Selon des responsables des services de sécurité libanais, au moins six personnes ont été tuées et plus de 50 autres ont été blessées depuis mardi dans les affrontements à Tripoli.

En Syrie, les combats se sont poursuivis mercredi, les rebelles affrontant les troupes gouvernementales autour de la capitale et ailleurs dans le pays. Les forces du régime ont bombardé plusieurs quartiers du sud, de l'est et du nord de Damas et ont affronté les rebelles dans les banlieues de Zamalka et d'Arbeen, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Au moins deux rebelles ont été tués dans les affrontements et trois civils ont péri dans les bombardements, d'après l'Observatoire.