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05/12/2012 01:00 EST | Actualisé 04/02/2013 05:12 EST

La périphérie de Damas pilonnée par l'aviation (ONG)

Une vingtaine de personnes ont été tuées mercredi dans les bombardements de l'artillerie et des chasseurs-bombardiers de l'armée syrienne ainsi que les violents combats entre soldats et rebelles dans la banlieue de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La banlieue de Damas est désormais au coeur des combats, le régime ayant lancé jeudi dernier une opération militaire pour reconquérir un rayon de huit kilomètres autour la capitale, qu'il veut à tout prix conserver pour être en position de négocier une issue au conflit, selon les experts.

De son côté, le journal Al-Watan, proche du pouvoir a rapporté que "l'armée a continué de poursuivre les groupes armés aux abords de la route de l'aéroport international (...) tuant et blessant des dizaines de terroristes", terme par lequel Damas désigne les rebelles.

La Hongrie a fermé son ambassade à Damas et évacué ses diplomates en raison du conflit en cours en Syrie, a annoncé mercredi le ministère des Affaires étrangères à Budapest.

La détérioration de la situation en Syrie a contraint lundi l'ONU à annoncer qu'elle suspendait ses opérations dans le pays, une décision suivie par l'Union européenne qui a décidé de réduire sa délégation au minimum dans ce pays.

Dans le nord du pays, le consul honoraire du Maroc à Alep a été grièvement blessé par des tirs alors qu'il se trouvait dans un café de la métropole en compagnie de deux autres hommes qui ont été abattus, selon l'OSDH.

Et dans la province d'Idleb (nord-ouest), sept soldats ont péri dans "une attaque rebelle sur un barrage au sud de Maaret al-Noomane sur la route Damas-Alep", a rapporté l'OSDH, ajoutant que cinq civils étaient morts sous des bombardements ailleurs dans la région.

Dans la province de Raqa, également dans le nord, et pilonnée par l'aviation, le vice-gouverneur et huit membres de son bureau ont démissionné pour protester contre les ingérences des services de renseignement dans leur travail, a rapporté l'OSDH.

"Ils ont démissionné pour protester contre les ingérences des renseignements mais aussi pour dénoncer le détournement de denrées, comme la farine ou le carburant, octroyées à Raqa mais détournées au profit d'autres provinces", a souligné Thaër al-Raqqi, un militant joint via Skype par l'AFP.

Sur la côte, deux navires de guerre russes sont arrivés au port de Tartous, pour se ravitailler dans cette seule implantation navale russe en Méditerranée, selon une source au sein de l'état-major de la marine russe.

Moscou est un grand allié de Damas, qui lui fournit également des armes. Concernant l'arsenal syrien, la Turquie, où l'Otan va déployer prochainement des Patriot, a affirmé que Damas disposait d'environ 700 missiles sol-sol de différentes portées, assurant en connaître précisément les emplacements.

Au Liban, un autre voisin menacé par un débordement des violences, très divisé sur le conflit qui déchire l'ancienne puissance tutélaire, sept personnes ont péri depuis mardi à Tripoli (nord) lors d'accrochages entre habitants alaouites, partisans du président Assad, et sunnites hostiles à son régime, selon une source de la sécurité.

Ces violences ont éclaté après que l'armée syrienne a tué vendredi dernier sur son sol 22 jeunes sunnites venus du Liban combattre aux côtés des rebelles. Damas a accepté mercredi de rapatrier leurs corps au Liban, selon une source diplomatique libanaise.

Au total, depuis le début en mars 2011 d'une révolte populaire devenue conflit armé, plus de 41.000 personnes ont péri en Syrie, selon l'OSDH qui s'appuie sur un large réseau de médecins et de militants. Mercredi, de même source, 53 personnes ont trouvé la mort, dont 24 civils, 16 rebelles et 23 soldats.

sbh/feb