BIEN-ÊTRE
05/12/2012 01:53 EST | Actualisé 04/02/2013 05:12 EST

Kenzo Takada : "Je ne pense pas revenir dans la mode"

Dans le cadre de sa collaboration avec l'atelier de haute joaillerie "10 Royale", le créateur japonais Kenzo Takada donne son ressenti sur la mode actuelle, et évoque ses différentes passions, dont la peinture.

Relaxnews : Outre la mode, vous aimez travailler dans différents domaines comme la peinture ou la décoration. Allez-vous continuer dans cette voie ?
Kenzo Takada : Cette année je n'ai pas vraiment fait de peinture, mais l'année prochaine, mon but est de recommencer à zéro, je vais me concentrer sur elle. Je n'ai pas encore d'atelier dans mon appartement, mais j'ai quand même fait mon petit coin et quelqu'un aux Beaux Arts me donne des cours, c'est génial.

R. : Toujours inspiré par le Japon ?
K.T. :
 Oui, quand même. Je profite de ce petit côté japonisant.

R. : Vous n'arrêtez donc jamais ?
K.T. : Non, non. Quand j'ai arrêté en 2000, je pensais que j'allais pouvoir rester tranquille, partir sans arrêt en voyage, sans rien faire. C'était mon rêve de voyager. Finalement, je me suis aperçu que j'avais besoin de faire quelque chose. Même des petites choses. Si je ne fais rien, je stresse. Dans la mode, quand on travaille en équipe, c'est plus rassurant. Aujourd'hui, avec la peinture, je travaille plutôt seul.  Avec Vianney, en bijouterie, c'était en équipe. Je suis parfois gagné par le doute ...

R. : Vous préférez travailler en équipe ?
K.T. : Oui. Même en peinture, quand quelqu'un me donne son opinion ou m'enseigne quelque chose, c'est rassurant, c'est bien.

R. : Quel est votre sentiment sur la mode aujourd'hui ?
K.T. :
La mode change beaucoup, tout comme la façon de travailler. Cela devient un univers de plus en plus important pour les jeunes. Les gens s'intéressent beaucoup à la mode, c'est incroyable. Elle attire toujours de nombreuses femmes, mais aujourd'hui les moyens de communication font que tout le monde peut s'y intéresser. Avant ca n’existait pas. On ne pouvait qu’acheter des magazines spécialisés alors que maintenant, tous les magazines ont une rubrique mode.  Ce que je trouve un peu dommage, c'est que toutes les maisons de prêt-à-porter et de couture font quasiment la même chose. Il y a certains créateurs qui attirent mon regard, mais très peu. Tout est tellement globalisé.

R. : Que pensez-vous des deux jeunes qui ont repris le flambeau de Kenzo ?
K.T. : C'est bien, c'est génial. Les créateurs de Kenzo ont vraiment donné un coup de fraîcheur, de jeunesse, de dynamisme.

R. : On dit qu'ils sont vos dignes héritiers ?
K.T. : Notamment avec les images de défilés et de pubs. Ils donnent vraiment un côté très positif, ouvert, dynamique, jeune, gai. Je les trouve formidables. Je les ai rencontrés une fois, ils sont très sympas, ils regardent beaucoup les archives, donc c'est bien. Je suis content.

R. : Et que pensez-vous des changements chez Dior et Yves Saint Laurent ?
K.T. : C'est très bien. J'aime beaucoup Dior, maintenant je n'ai vu que les photos publicitaires d'Yves Saint Laurent. Je trouve ça bien, mais il faut voir dans le futur.  Les jeunes créateurs qui changent, qui amènent de la nouveauté, de la fraîcheur, c'est formidable. Et surtout cette année avec Dior et Saint Laurent, il s'est passé beaucoup de choses. Il y a Jil Sander aussi. En même temps, des marques comme Balenciaga ou Lanvin restent toujours impeccables.

R. : Vous restez en contact avec certains créateurs ?
K.T. : Oui, évidemment, un peu. J'aime les gens issus de la mode, ils ont toujours quelque chose de nouveau, ils sont ouverts, ils sont très curieux, cultivés.

R. : Pourriez-vous revenir dans ce milieu ?
K.T. : Je ne pense pas revenir dans la mode, pas maintenant, surtout avec ces jeunes créateurs, c'est mieux de les laisser faire. Mais j'aime encore la mode.