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05/12/2012 08:19 EST | Actualisé 04/02/2013 05:12 EST

Egypte: la crise politique depuis le 22 novembre

L'Egypte traverse une profonde crise politique qui divise le pays depuis le décret du 22 novembre, par lequel Mohamed Morsi, premier président islamiste du pays, a considérablement élargi ses pouvoirs.

Il s'agit de la crise politique la plus grave en Egypte depuis l'élection en juin de M. Morsi, issu des Frères musulmans. Les divisions sont de plus en plus profondes entre la mouvance islamiste et les groupes laïques, de gauche et chrétiens.

--NOVEMBRE--

- 22: M. Morsi place par décret ses décisions à l'abri de tout recours en justice et décide qu'aucune instance judiciaire ne peut dissoudre la commission constituante, une instance cible de nombreuses critiques de la part des libéraux et laïques qui l'accusent d'être dominée par les islamistes. Le 23, des opposants entament un sit-in sur la place Tahrir au Caire.

- 27: Des dizaines de milliers d'Egyptiens se rassemblent place Tahrir contre le président. Nouveaux heurts près de la place entre jeunes et police anti-émeutes. Les nombreuses manifestations, accompagnées parfois de violences, ont fait au total trois morts et plusieurs centaines de blessés.

- 30: Après des mois de blocage, le projet de Constitution est adopté en quelques heures par la commission constituante, boycottée par l'opposition libérale et laïque ainsi que par les Eglises coptes. L'opposant Mohamed ElBaradei dénonce "un coup d'Etat contre la démocratie".

Des dizaines de milliers d'Egyptiens manifestent au Caire contre les pouvoirs élargis du président et contre le projet de Constitution, accusé de porter atteinte à la liberté religieuse et d'expression.

--DECEMBRE--

- 1er: Des centaines de milliers d'islamistes manifestent leur soutien à M. Morsi, qui appelle les Egyptiens à se prononcer par référendum le 15 décembre sur le projet de nouvelle Constitution.

- 2: La Haute cour constitutionnelle rejoint la Cour de cassation et d'autres tribunaux dans une grève illimitée pour dénoncer des "pressions" exercées par le camp du président.

Le Club des juges, un syndicat professionnel représentant des magistrats à travers le pays, annonce que les magistrats ne superviseront pas le référendum.

- 3: Le Conseil supérieur de la justice, instance chargée des affaires administratives de la magistrature, donne son accord pour "déléguer les juges et les membres du Parquet général pour superviser le référendum.

- 4: Des dizaines de milliers d'opposants à M. Morsi encerclent le palais présidentiel au Caire pour exiger qu'il retire le décret. Les manifestants, dont de nombreux membres de l'opposition laïque et de gauche, ont pu s'approcher du palais situé à Héliopolis, dans la banlieue de la capitale, après avoir coupé les barbelés installés à quelques centaines de mètres de là.

Washington exhorte l'opposition à "manifester pacifiquement".

- 5: Des centaines de manifestants passent la nuit devant le palais présidentiel. Des centaines d'autres sur la place Tahrir, sous des dizaines de tentes.

Les anti-Morsi appellent à manifester devant le palais présidentiel, où les Frères musulmans entendent tenir un rassemblement concurrent en soutien au chef de l'Etat.

acm/bc/sw