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05/12/2012 10:05 EST | Actualisé 04/02/2013 05:12 EST

Colonies: un projet israélien avance, chances de paix menacées selon les Palestiniens

Un projet de construction controversé dans une colonie israélienne près de Jérusalem a franchi mercredi une étape après avoir reçu l'aval d'une commission officielle, indignant les Palestiniens qui ont mis en garde contre "la fin du processus de paix" si le plan aboutissait.

L'administration militaire israélienne a "avalisé la poursuite du projet de construction dans le secteur E1 entre Jérusalem et Maalé Adoumim", colonie de Cisjordanie, a affirmé la radio militaire israélienne.

La radio publique israélienne a annoncé la même information, précisant que la population disposait désormais d'un délai de deux mois pour présenter des objections, avant que les discussions sur le programme ne reprennent.

"Si Israël décide de commencer la construction dans le secteur E1 et d'avaliser ces décisions de colonisation, nous considérons qu'il a décidé de mettre fin au processus de paix et à la solution à deux Etats" palestinien et israélien, a déclaré à l'AFP le négociateur palestinien Saëb Erakat.

"Ce sera la fin de toute chance de parler de paix à l'avenir", a estimé M. Erakat.

Le projet, s'il était mené à bien, couperait en deux la Cisjordanie et l'isolerait de Jérusalem, compromettant la viabilité d'un futur Etat palestinien.

Le quotidien israélien Haaretz rapporte que le plan a été "ajouté à la dernière minute à l'ordre du jour" de la commission de planification du ministère de la Défense, affirmant qu'il porte "sur la construction de 3.400 logements dans le corridor E1 entre Maalé Adoumim et Jérusalem".

La direction palestinienne, réunie mardi soir autour du président Mahmoud Abbas, a annoncé qu'elle allait "à titre de première mesure se tourner vers le Conseil de sécurité de l'ONU au nom de l'Etat de Palestine pour demander une résolution contraignante pour qu'Israël arrête ses décisions d'expansion destructrices et toutes les formes de colonisation".

Elle a affirmé qu'elle s'opposerait "fermement aux dernières décisions de colonisation à Jérusalem et dans ses environs, y compris le projet E1, parce que le sort de la solution à deux Etats et l'avenir du processus politique, dépendent de la mise en échec de ce projet, le plus dangereux de l'histoire de la colonisation", dans un communiqué au terme de la réunion.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé une relance de la colonisation, y compris dans le projet E1, gelé depuis 2005 sous pressions américaines, à titre de sanction contre l'accession de la Palestine au statut d'Etat observateur à l'ONU le 29 novembre.

M. Netanyahu est attendu mercredi en Allemagne, où il devrait tenter de calmer les inquiétudes et protestations soulevées, notamment en Europe, par cette décision.

Après plusieurs de ses Etats membres, l'Union européenne (UE) a convoqué mercredi l'ambassadeur d'Israël pour lui exprimer ses "préoccupations" au sujet de projets de nouvelles implantations israéliennes à Jérusalem et en Cisjordanie, selon une porte-parole de l'UE.

Le quotidien israélien Maariv rapporte que le gouvernement Netanyahu s'efforçait de dissiper les inquiétudes de l'administration américaine en rappelant que la construction effective ne commencerait pas sans son autorisation expresse.

"S'il y a des progrès dans les pourparlers avec les Palestiniens ou une véritable menace de sanctions contre Israël, surtout de l'Europe et des Etats-Unis, la procédure peut être arrêtée", a affirmé au journal un haut responsable israélien.

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