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05/12/2012 05:49 EST | Actualisé 04/02/2013 05:12 EST

Au Sénégal, l'éducation par le basket à la Seeds Academy (PAPIER D'ANGLE)

Travail, rigueur et balle orange sont les fondements de la Seeds Academy, une académie de basket au Sénégal créée par Amadou Gallo Fall, vice-président de la NBA pour le développement en Afrique, qui se bat depuis dix ans pour donner une éducation à de jeunes passionnés.

La Sports for Education and Economic Development in Senegal Academy (Seeds Academy - Académie des sports pour l'éducation et le développement économique au Sénégal) est située dans l'enceinte du Centre national d'éducation physique et sportive (CNEPS) à Thiès, à 70 km à l'est de Dakar.

Ici, on ne badine pas avec les horaires, prévient Assane Badji, manageur du centre, en attendant le bus qui ramène les élèves pour la pause du midi.

"Quand ils m'aperçoivent à la descente du bus, ils savent qu'ils ne doivent pas traîner", dit-il, debout à l'entrée du CNEPS. "C'est important, ils doivent bien comprendre qu'ici, on n'a pas le temps de batifoler et que la discipline commence par le respect des horaires."

Respect et discipline, deux valeurs prônées par le fondateur de la Seeds Academy, Amadou Gallo Fall, un Sénégalais de 49 ans ayant lui-même bénéficié d'un coup de pouce à la fin des années 1980.

Basketteur étudiant en Tunisie à l'époque, Gallo Fall est repéré par un Américain qui lui permet d'aller étudier aux Etats-Unis. Blessé à un poignet, sa carrière de joueur s'arrête à l'université. Il en sort diplômé et trouve un emploi au sein de la NBA.

Recruteur pour l'équipe de Dallas puis en charge de la promotion en Afrique, il est depuis 2010 chargé du développement sur le continent africain pour la NBA et a souhaité donner à de jeunes Sénégalais la chance qu'il a eue.

En 2002, Amadou Gallo Fall se lance dans la création de la Seeds Academy. Son but: repérer des jeunes Sénégalais et leur proposer d'intégrer une structure qui les prendra en charge aux plans sportif et scolaire, explique à l'AFP son frère Cheikh Fall, directeur de l'académie.

"En contrepartie, ils doivent être exemplaires au niveau scolaire pour espérer intégrer un collège ou une université américaine. C'est le +deal+", avance-t-il.

La Seeds Academy accueille une trentaine de jeunes, de la troisième à la terminale, et son programme est draconien.

Levés à 05H00, les protégés d'Amadou Gallo Fall ont un premier entraînement physique jusqu'à 07H00. Petit déjeuner puis direction l'institution catholique Saint-Gabriel, une des plus sérieuses de Thiès. La journée des étudiants finit tard, après entraînements et devoirs.

"Nous n'avons pas une minute de répit", confirme Youssoupha Birama Fall, 17 ans, 2,21 m et récent champion d'Afrique des moins de 18 ans avec le Sénégal. "Nous enchaînons les cours et les entraînements jusqu'à 23H00. Nous n'avons pas le temps pour nous amuser ou penser à autre chose".

L'académie ne bénéficie d'aucun soutien local ou national. Elle est financée par Amadou Gallo Fall grâce à des donations américaines.

"Nous avons besoin de 170.000 dollars (près de 130.500 euros) pour une année complète", précise Cheikh Fall. "Nous sommes cinq employés à plein temps en comptant les coaches et prenons tout en charge: l'école privée, les repas, le logement, tout".

En dix ans, la Seeds Academy a envoyé une quarantaine de jeunes basketteurs étudier sur le sol américain. Si un seul, Mohamed Saër Sène, a réussi à évoluer en NBA, les autres sont aujourd'hui étudiants ou diplômés, une récompense pour Assane Badji. "C'est une grande fierté pour moi", se réjouit-il. "On les fait travailler dur, ils viennent de milieux parfois très pauvres et quand on voit ce qu'ils deviennent, on est heureux."

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