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04/12/2012 04:42 EST | Actualisé 03/02/2013 05:12 EST

Le secrétaire général de l'ONU critique les climatosceptiques à Doha

DOHA, Qatar - Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré mardi qu'il était temps de prouver à ceux qui doutent du réchauffement climatique qu'ils ont tort, en prenant pour exemple la destruction causée par la tempête Sandy aux États-Unis.

S'adressant à des délégués dans le cadre de la conférence sur le climat à Doha, au Qatar, M. Ban a déclaré que les gouvernements n'auraient bientôt plus le temps d'agir, citant de récents rapports démontrant une augmentation des émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.

Devant des ministres de l'Environnement et des responsables du climat provenant de près de 200 pays, M. Ban a affirmé que les phénomènes anormaux était devenus la nouvelle norme, rappelant les inondations survenues en 2012 à New York et à Pékin, ainsi qu'en Colombie, au Pérou, aux Philippines et en Australie.

La hausse du niveau des océans, la fonte des calottes glaciaires et le réchauffement du pergélisol sont autant de signes d'avertissement, a souligné le secrétaire général de l'ONU.

Les délégués qui participent aux deux semaines de discussions devant prendre fin vendredi débattent d'éventuelles réductions d'émissions polluantes et d'une aide climatique aux pays pauvres, deux dossiers à propos desquels les pays industrialisés et les pays en développement ont de la difficulté à s'entendre depuis des années.

À Doha, les pays en développement ont critiqué les pays riches pour ne pas avoir promis des réductions d'émissions plus importantes, et pour de ne pas s'être engagés à faire passer les fonds d'aide à la lutte contre les changements climatiques à 100 milliards $ US par année d'ici 2020, une promesse faite il y a trois ans.

Après son discours, M. Ban a déclaré à des journalistes que les pays développés, y compris les États-Unis, «devraient assumer une position de leadership» en matière de changements climatiques, puisqu'ils disposent des ressources et de la technologie nécessaires pour s'attaquer au problème.

Mardi, le Royaume-Uni a annoncé deux initiatives pour soutenir l'énergie renouvelable en Afrique et un programme de gestion de l'eau qui, selon le gouvernement britannique, aidera 18 millions de personnes à mieux résister aux changements climatiques. Ces initiatives, qui totalisent 214 millions $ US sur les trois prochaines années, ont été saluées par le milieu environnemental.

«Finalement, un pays développé s'est enfin engagé à financer la lutte contre les changements climatiques ici à Doha», a déclaré Tracy Carty, conseillère en politiques sur le changement climatique chez Oxfam, tout en soulignant que les détails restaient «imprécis».

Lors d'un événement parallèle, plus tôt mardi, le secrétaire général de l'ONU avait déclaré que la dévastation provoquée par l'ouragan Sandy dans les Caraïbes et sur la côte Est américaine devraient être un signal d'alarme démontrant «que nous devons agir avant qu'il ne soit trop tard».

Les climatologues soutiennent qu'il est difficile de lier un seul événement météorologique au réchauffement climatique, mais certains avancent que les dommages causés par Sandy ont été exacerbés en raison de la hausse du niveau des eaux.

Une petite minorité de scientifiques questionne toujours le lien entre les activités humaines et le réchauffement observé au cours des dernières décennies.

«Évitons le scepticisme. Prouvons que tous ceux qui doutent des changements climatiques ont tort», a dit M. Ban.

Les climatologues ont déjà observé des changements, dont la fonte de la glace en Arctique et celle du pergélisol, la hausse du niveau des océans et leur acidification, ainsi que la modification des cycles de pluie, avec des impacts sur les inondations et les sécheresses.

Des États insulaires du Pacifique, par exemple, voient leurs berges lentement submergées par la montée des eaux.

Les gouvernements présents à la conférence de Doha ont entamé des discussions pour concevoir un nouveau traité climatique mondial qui entrerait en vigueur en 2020. Ils négocient également sur la méthode permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre d'ici là, notamment en prolongeant le protocole de Kyoto, un traité limitant les émissions des pays les plus industrialisés qui expire cette année.

Les États-Unis n'ont jamais ratifié ce protocole, en partie parce qu'il ne concernait pas des économies émergentes telles que l'Inde et la Chine. La Chine est désormais le plus grand émetteur de gaz à effet de serre de la planète.

Alors qu'il ne reste que quelques jours pour s'entendre sur une prolongation de Kyoto et sur d'autres dossiers, la plus haute responsable de l'ONU sur les changements climatiques, Christiana Figueres, a rappelé aux délégués que «les yeux de la planète» étaient tournés vers eux.

«Les générations présentes et futures comptent sur vous», a-t-elle déclaré.