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04/12/2012 03:26 EST | Actualisé 03/02/2013 05:12 EST

Le CIO suspend l'Inde pour son ingérence politique dans le sport

Après plusieurs avertissements, le Comité international olympique (CIO) a décidé mardi de suspendre le Comité olympique indien en raison des différentes ingérences gouvernementales et de sa mauvaise gouvernance jusqu'à que la situation soit rectifiée.

"La commission exécutive a décidé de suspendre le comité olympique indien (IOA) pour avoir manqué de se conformer à la charte olympique et à ses statuts, manqué d'informer le CIO dans le temps imparti, et comme mesure préventive à l'interférence gouvernementale dans le processus électoral", a expliqué le porte-parole du CIO Mark Adams, à l'issue de la réunion de la commission à Lausanne.

En conséquence, "le comité olympique indien a perdu tous ses droits conférés par la charte olympique, à savoir les droits de recevoir de l'assistance financière, de l'assistance technique et de prendre part à toute compétition sous juridiction du CIO", a précisé Pere Miro, directeur des relations avec les comités olympiques nationaux.

Ce qui veut dire que les athlètes indiens n'ont plus le droit de participer à des Jeux Olympiques ou des Jeux Olympiques de la Jeunesse, mais les prochains, ceux d'hiver à Sotchi, n'auront lieu qu'en février 2014, et le CIO a promis d'examiner toute situation au cas par cas.

"Cette suspension est moitié pour préserver l'autonomie, et moitié pour la mauvaise gouvernance du comité olympique indien lui-même et quand les deux seront corrigés, le CIO réévaluera la situation et lèvera la suspension", selon Pere Miro.

Comme l'a fait mardi le CIO avec le comité olympique du Koweït, déjà réhabilité juste avant les Jeux de Londres, après avoir obtenu des garanties de son autonomie.

Le Comité olympique indien devait tenir ses élections mercredi, mais les jeux semblaient déjà pliés puisque, pour le poste de secrétaire général, il ne restait qu'un seul candidat, libéré sous caution après 11 mois de détention préventive pour une affaire de corruption. La présidence semblait elle promise à Abhey Singh Chautala, un homme politique d'un Etat indien proche d'un ancien candidat, lui aussi accusé de corruption.

"Ils ne sont pas autorisés à tenir des élections, et si quelque chose est fait quand même, ils ne seront pas reconnus par le CIO", a averti Pere Miro.

"Le processus électoral a été terni, selon moi, depuis le début", a-t-il estimé. "A cause de cela, plusieurs candidats ont décidé de se retirer car la situation était trop confuse et au final "ils étaient quasiment élus parce qu'ils étaient les seuls restant".

"Cette sanction est injustifiée et cette décision unilatérale", a déclaré le candidat à la présidence de l'IOA, Abhey Singh Chautala, à l'AFP. "Nous nous réunirons demain (mercredi) pour décider de notre future ligne de conduite."

Il a accusé son ancien adversaire pour le poste, Randhir Singh d'avoir utilisé ses contacts au CIO, dont il est l'un des membres, pour obtenir cette suspension, alors qu'il n'avait aucune chance de gagner.

Mais des stars du sport indien ne partageaient pas la même opinion. Abhinav Bindra, devenu en 2008 le premier Indien de l'histoire à décrocher une médaille d'or aux JO (tir à la carabine à 10m), a jugé logique la suspension de l'IOA dans un tweet sarcastique: "Bye bye l'IOA, j'espère te revoir bientôt, si possible plus propre !".

"On voyait tous venir cela. J'espère que ça permettra de faire le ménage dans le sport indien. Mais est-ce que sera le cas ?", s'est interrogée l'ancienne athlète Ashwini Nachappa.

La boxeuse Mary Kom, médaillée de bronze à Londres (poids mouche), était elle "bouleversée": "Je ne sais pas qui est responsable de tout ça mais ce sont les athlètes qui vont en payer le prix fort si tout ne s'arrange pas rapidement".

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