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04/12/2012 04:03 EST | Actualisé 03/02/2013 05:12 EST

Le Canada maintiendra 300 millions $ en aide humanitaire aux Palestiniens

OTTAWA - Le gouvernement Harper a promis mardi de préserver les centaines de millions de dollars qu'il verse en aide humanitaire aux Palestiniens.

Cette décision a été prise lors d'une réunion de 90 minutes, à Ottawa, à laquelle participaient le ministre des Affaires étrangères John Baird, le ministre de la Coopération internationale Julian Fantino et quatre délégués rappelés pour l'occasion.

Le Canada s'est fortement opposé, la semaine dernière, aux efforts des Palestiniens pour obtenir un statut plus important aux Nations unies. M. Baird avait alors rappelé des diplomates en poste en Israël, dans la bande de Gaza et à l'ONU à New York et à Genève pour discuter de la réaction canadienne.

Avec les États-Unis et Israël, entre autres, le Canada est l'un des neuf pays ayant voté contre la motion de la Palestine parmi les 193 pays membres de l'Assemblée générale des Nations unies.

Depuis, le Canada n'a condamné que du bout des lèvres la riposte israélienne d'annoncer de nouvelles constructions dans les territoires palestiniens et de retenir les 100 millions $ en crédits d'impôts et autres sommes qu'il récolte pour les Palestiniens. Tous les alliés majeurs du Canada ont fermement condamné la riposte israélienne, dont les États-Unis.

Un porte-parole de M. Baird a expliqué que le financement actuel demeurera en place, mais que M. Fantino réévaluera la situation une fois que les fonds seront épuisés.

«Notre engagement de 300 millions $ sur cinq ans en appui à la sécurité et pour l'aide humanitaire est important», a déclaré Rick Roth dans un communiqué dressant un bilan de la réunion.

Il a ensuite expliqué que lorsque les projets en cours seront complétés, le ministre responsable décidera du financement à accorder à l'avenir.

L'engagement formel de 300 millions $ sur cinq ans du Canada prend fin en mars.

Les fonds contribuent au renforcement du système judiciaire palestinien, au développement du secteur économique privé, et soutiennent les systèmes de santé et d'éducation.

M. Roth a refusé de dire si l'un ou l'autre des diplomates avait tenté de persuader le groupe de maintenir le financement après la fin de l'année financière.

Il a simplement indiqué que les diplomates et les deux ministres avaient eu «un bon échange sur où nous sommes et où nous voulons aller».

Des députés de l'opposition se sont dits rassurés que le gouvernement ne prévoyait pas de mesures de représailles pour son succès aux Nations unies.

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'Affaires étrangères, le néo-démocrate Paul Dewar, a indiqué qu'avant le vote à l'ONU, les conservateurs avaient laissé entendre que l'aide serait coupée et les représentants canadiens seraient rapatriés.

«Alors j'espère qu'il y a eu assez de pression sur les conservateurs pour qu'ils changent d'idée. Je soutiendrais qu'ils aillent encore plus loin et qu'ils augmentent l'aide humanitaire», a-t-il souligné.

Le chef intérimaire du Parti libéral, Bob Rae, s'est dit rassuré par la décision, mais il a critiqué M. Baird pour ne pas avoir dénoncé le plan israélien d'annoncer de nouvelles constructions.