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04/12/2012 07:06 EST | Actualisé 03/02/2013 05:12 EST

La Maison Blanche déçue par le rejet du traité de l'ONU sur les handicapés

La Maison Blanche a fait part de sa déception mardi après le rejet par le Sénat américain du traité de l'ONU sur les droits des personnes handicapées, une convention qui n'aurait pourtant pas créé d'obligations légales pour les Etats-Unis.

"Nous sommes déçus que la grande majorité des républicains du Sénat aient bloqué aujourd'hui la convention", a déclaré le porte-parole de Barack Obama dans un communiqué.

Les sénateurs ont voté contre le traité par 61 voix contre 38, échouant à obtenir la majorité des deux tiers (67) requise pour l'approbation de tout traité. Le président Barack Obama ne pourra donc pas ratifier cette convention que les Etats-Unis avaient pourtant signée après son adoption par l'Assemblée générale des Nations unies le 13 décembre 2006.

Au total, 125 pays et l'Union européenne ont ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées, sur 155 signataires.

Le texte met en place une liste de normes pour mettre fin aux discriminations et encourager la pleine intégration des personnes handicapées dans la société, par exemple avec des rampes d'accès aux bâtiments, mais aussi avec un meilleur accès au système de santé et au marché du travail, via des formations.

Le traité s'inspire largement de la législation avancée déjà en place aux Etats-Unis, et était soutenu par de nombreuses personnalités démocrates et républicaines, dont le sénateur John McCain et l'ancien président George H. W. Bush.

Les démocrates avaient insisté sur l'absence de sanctions en cas de non-respect de certaines clauses du traité par les Etats-Unis, certains élus républicains refusant systématiquement toute intrusion d'instances internationales dans les affaires intérieures.

"Il ne requiert aucun changement à la loi américaine, zéro", a déclaré John Kerry mardi peu avant le vote.

Le comité créé pour suivre les progrès des pays membres n'émet que des recommandations facultatives.

Mais les opposants ont estimé que les Etats-Unis n'avaient pas besoin de la même supervision que des pays comme la Chine, où les droits des handicapés sont inexistants.

"Adhérer à cette convention nous ferait rejoindre des pays qui sont très loin de notre situation sur la question. Nous avons déjà les lois et protections les plus avancées du monde pour les handicapés, point final", a lancé le républicain Jon Kyl.

Les ONG comptaient sur la ratification par les Américains pour donner plus de poids au traité.

"C'était l'occasion pour les Etats-Unis de soutenir les efforts mondiaux d'éradication de la pauvreté et de l'exclusion dont beaucoup de personnes handicapées souffrent à l'étranger", a déploré la directrice de l'ONG Handicap International Etats-Unis, Elizabeth MacNairn. "Au lieu de cela, les Etats-Unis ont envoyé au reste du monde un message d'exclusion."

Le traité sera à nouveau soumis au vote, vraisemblablement en 2013, a annoncé le chef des démocrates au Sénat, Harry Reid.

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