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04/12/2012 01:46 EST | Actualisé 03/02/2013 05:12 EST

La guerre civile syrienne se rapproche du coeur du pouvoir à Damas

BEYROUTH - La guerre civile syrienne se rapprochait mardi du coeur du pouvoir à Damas, où des combats ont opposé les forces gouvernementales aux rebelles dans plusieurs quartiers, faisant craindre que la capitale devienne le prochain champ de bataille majeur du conflit.

Le régime syrien a annoncé mardi que neuf élèves et un professeur avaient été tués par un tir de mortier des rebelles sur une école de la région de Damas. L'agence de presse officielle SANA avait précédemment annoncé la mort de 30 personnes dans cette attaque.

Même si la plupart des banlieues pauvres de Damas sont depuis longtemps des bastions de l'insurrection, les combats se sont multipliés dans la région au cours des derniers jours, alors que les rebelles intensifient les attaques dans leur tentative de renverser le régime du président Bachar el-Assad.

«L'offensive pour prendre Damas est bien réelle. Cette pression intense pour prendre le contrôle de la ville fait partie d'un changement stratégique majeur des commandants rebelles», analyse Mustafa Alani, du Gulf Research Center, un groupe de réflexion établi en Suisse. «Ils ont compris que sans un déplacement de la guerre à Damas, le régime ne s'effondrera pas.»

Cette pression accrue des rebelles fait craindre que le régime ait recours à des mesures désespérées, comme des attaques contre la Turquie ou Israël, ou qu'il se serve d'armes chimiques contre la population.

Les services de renseignement américains ont reçu des informations laissant croire que le régime syrien a déplacé récemment du matériel dans ses installations abritant des armes chimiques, mais on ne sait pas très bien ce que ces mouvements signifient. Les États-Unis et leurs alliés évaluent leurs options militaires dans le cas où ils décideraient d'intervenir pour sécuriser les stocks d'armes chimiques et biologiques en Syrie.

Des informations inquiétantes sont parvenues du terrain mardi. Au moins quatre tueries perpétrées dans des circonstances indéterminées auraient fait au moins douze morts chacune dans la région de Damas et à Alep, le principal terrain de bataille en Syrie depuis l'été dernier.

L'agence de presse officielle SANA a rapporté que neuf élèves et un professeur avaient été tués quand un obus de mortier tiré par des «terroristes» s'est abattu sur une école d'Al-Wafideen. Cet ensemble résidentiel, situé à environ 25 kilomètres au nord-est du centre de Damas, abrite 25 000 déplacés du plateau du Golan depuis la guerre de 1967 avec Israël.

SANA avait précédemment annoncé la mort de 29 élèves et d'un professeur, avant de se rétracter.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation de l'opposition établie à Londres, a déclaré que 10 personnes avaient été tuées dans l'école, sans pouvoir dire de quel camp provenait le tir.

L'Observatoire, qui s'appuie sur un réseau de sources en Syrie, a également annoncé que 17 corps non identifiés avaient été découverts mardi à Thiyabiyeh, une banlieue au sud de Damas. Une vidéo publié sur Internet par des militants montre les corps allongés au sol, dont plusieurs portent des traces de sang à la tête. Une voix affirme que les victimes ont été tuées après avoir été arrêtées à des points de contrôle gouvernementaux.

L'organisation affirme aussi que 12 autres personnes ont été tuées dans une attaque à l'artillerie lourde menée lundi dans un quartier d'Alep. Selon une vidéo de l'opposition, les victimes seraient des civils qui faisaient la file devant une boulangerie pour acheter du pain dans le quartier de Bustan al-Qasr.

Selon l'Observatoire, 13 personnes ont aussi été tuées dans une autre attaque perpétrée lundi dans le quartier Halak, à Alep.

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