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04/12/2012 11:21 EST | Actualisé 03/02/2013 05:12 EST

Heurts lors d'une manifestation du principal syndicat à Tunis, des blessés

Une manifestation du principal syndicat tunisien a été attaquée mardi à Tunis par des militants proches des islamistes au pouvoir, faisant dix blessés, alors que le pays vit une nouvelle flambée de violence à l'approche du deuxième anniversaire de la révolution.

Les manifestants s'étaient rassemblés dans l'après-midi pour le 60e anniversaire mercredi du meurtre de Farhat Hached, le fondateur de l'UGTT (Union générale tunisienne du travail), devant le siège de l'organisation, selon un photographe de l'AFP.

Plusieurs dizaines de personnes, des militants proches du parti au pouvoir Ennahda, les ont alors attaqués, selon la même source.

La police est intervenue pour les séparer, mais les heurts ont fait dix blessés parmi les syndicalistes, selon l'UGTT.

Le ministère de l'Intérieur a indiqué dans un communiqué que les heurts ont opposé des militants syndicalistes à ceux de la Ligue de protection de la révolution, une organisation aux méthodes brutales.

Le chef de l'UGTT, Houcine Abassi, a accusé les "ennemis de la démocratie", tout en dénonçant une attaque sans précédent contre son organisation.

"Ils ont voulu assassiner l'UGTT le jour où l'on commémorait l'assassinat de Hached qui s'est sacrifié pour son peuple et son pays, pas pour l'UGTT", a-t-il déclaré.

Farhat Hached, un des leaders de la lutte contre la colonisation française, a été assassiné le 5 décembre 1952 dans une embuscade près de Tunis. L'enquête n'a jamais déterminé les coupables, bien que la France fasse figure de suspect numéro un, selon le syndicat.

Jamais une attaque comme celle de mardi ne s'était "produite, ni du temps du (père de l'indépendance Habib) Bourguiba, ni du temps du (président déchu Zine El Abidine) Ben Ali", a martelé M. Abassi.

La Ligue de protection de la révolution a réagi sur sa page Facebook en accusant l'UGTT d'avoir provoqué les heurts en attaquant ses militants avec "des matraques" alors qu'ils voulaient participer pacifiquement à la manifestation.

"A chaque fois qu'il y a une manifestation de gauche, on nous insulte, on insulte le gouvernement et Ennahda alors que personne ne les a touchés. la vérité c'est qu'ils (les mouvements de gauche) sont des criminels professionnels", a estimé la Ligue.

Le mouvement islamiste Ennahda, qui dirige le gouvernement, a dénoncé "fermement la violence contre les manifestants" et a appelé à la "retenue".

L'UGTT a été accusée par des partisans des islamistes d'être responsable des cinq jours d'affrontements la semaine dernière entre policiers et manifestants, dans la ville de Siliana (sud-ouest de Tunis), ceux-ci ayant eu lieu alors que le syndicat organisait une grève générale.

La Ligue de la protection de la révolution, une sorte de milice qui s'est donnée pour mission de sauvegarder les revendications de la révolte de 2011, est accusée par l'opposition d'avoir mené plusieurs actions violentes à son encontre.

Le parti Nidaa Tounès estime notamment que ce sont les militants de cette ligue qui ont tué, en marge d'une manifestation à Tataouine (sud), le représentant local du mouvement d'opposition en octobre.

Outre les manifestations sociales, les attaques imputées aux groupuscules salafistes se sont multipliées ces derniers mois en Tunisie, qui s'apprête à fêter le 17 décembre le deuxième anniversaire du début de la révolution.

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