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04/12/2012 01:36 EST | Actualisé 03/02/2013 05:12 EST

De violents affrontements opposent des islamistes à des syndicalistes à Tunis

TUNIS, Tunisie - De violents affrontements ont opposé mardi des groupes islamistes à des syndicalistes devant le siège d'une centrale syndicale de la capitale tunisienne, a constaté un journaliste de l'Associated Press. Au moins dix personnes auraient été blessées.

Les heurts ont éclaté alors que des dizaines de membres du syndicat UGTT commençaient à se rassembler pour commémorer l'assassinat du leader syndicaliste et nationaliste Farhat Hached tué en 1952, avant l'indépendance de la Tunisie, par l'organisation française La main rouge.

Une centaine de personnes agissant au nom des Ligues de protection de la révolution, considérées comme proches du parti islamiste Ennahda, au pouvoir, a alors fait irruption sur la place Mohamed-Ali, où se trouve le siège de la centrale syndicale. Les assaillants ont attaqué la foule à coups de bâtons, de pierres et de couteaux, ainsi qu'avec des gaz.

Les assaillants, qui scandaient «le peuple veut l'assainissement de l'Union (UGTT)», ont déchiré les affiches et les banderoles dressées sur la place et lancé des pierres, brisant plusieurs vitres du bâtiment syndical.

Plusieurs dirigeants de l'UGTT ont été agressés, dont les secrétaires généraux-adjoints Samir Cheffi et Hfayedh Hfayedh, ainsi que Saïd Aïdi, ex-ministre de l'Emploi dans le gouvernement de la première période transitoire. M. Hfayedh a dénoncé une «agression sauvage» qui a fait dix blessés.

Il accusé le ministère de l'Intérieur d'avoir fait «la sourde oreille aux appels du secrétaire général de l'UGTT», Houcine Abassi, accusant le gouvernement de «couvrir» les agresseurs.

Le porte-parole d'Ennahda, Néjib Gharbi, s'est déclaré «étonné» par ces événements, accusant les «milices» de l'UGTT d'avoir attaqué les partisans du parti islamiste qui, selon lui, voulaient s'interposer pour calmer la situation.

Les affrontements ont cessé après l'intervention des forces de l'ordre.

«Ce sont des milices instrumentalisées par le parti au pouvoir et leur bras armé. C'est une honte que cela se produise à une date symbolique en hommage au martyr Farhat Hached», a déclaré Fethi Abaza, syndicaliste et enseignant.

Les syndicalistes ont ensuite entrepris une marche vers la place de la Kasbah pour se recueillir sur la tombe du leader disparu.

Ces affrontements interviennent après les déclarations de plusieurs dirigeants d'Ennahda, dont certains ont accusé des «syndicalistes corrompus» d'être derrière les troubles sociaux qui ont secoué la semaine dernière la région de Siliana, dans le centre de la Tunisie.