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03/12/2012 07:55 EST | Actualisé 02/02/2013 05:12 EST

Paris, Londres et Stockholm convoquent les ambassadeurs israéliens

La France, le Royaume-Uni et la Suède ont convoqué lundi matin les ambassadeurs israéliens pour dénoncer l'extension des colonies juives en Cisjordanie.

L'annonce par Israël de la construction de 3000 nouveaux logements en Cisjordanie au lendemain de l'obtention par les Palestiniens d'un statut d'État observateur lors d'un vote historique à l'ONU, jeudi dernier, provoque colère et inquiétude dans la communauté internationale.

Plusieurs pays, dont la France et le Royaume-Uni, voient dans l'attitude du gouvernement israélien un frein majeur aux efforts de paix au Proche-Orient.

Gel de taxes destinées aux Palestiniens

En plus d'avoir donné le feu vert à la construction de 3000 logements israéliens dans Jérusalem-Est et en Cisjordanie au lendemain du vote remporté par Ramallah aux Nations unies, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a fait geler l'équivalent de 120 millions de dollars canadiens de taxes perçues au nom des Palestiniens.

Israël affirme vouloir utiliser cet argent pour rembourser les dettes de l'autorité palestinienne envers des compagnies d'électricité israéliennes.

Inquiétude et indignation en Europe

La France, qui a soutenu la Palestine dans sa quête d'un statut d'État observateur à l'ONU, n'envisage pas pour le moment de rappeler son ambassadeur en Israël. « Nous ne voulons pas entrer avec Israël dans une logique de sanctions, nous voulons convaincre », a expliqué le président français François Hollande.

Le Royaume-Uni, lui, pourrait rappeler son représentant à Tel-Aviv sous peu. Londres avertit qu'elle pourrait prendre d'autres mesures une fois qu'elle aura discuté avec l'État hébreu, mais aussi avec ses partenaires comme les États-Unis et l'Union européenne.

Pour les Britanniques, toute nouvelle colonie en territoire palestinien viendrait semer le doute sur la volonté d'Israël d'arriver à un accord de paix avec les Palestiniens.

À Stockholm, le ministre des Affaires étrangères, Carl Bildt, a déclaré vouloir faire part des préoccupations de son gouvernement sur l'annonce d'une reprise de la colonisation en Cisjordanie. Un geste qui selon M. Bildt pourrait « aggraver considérablement la situation ».

À Berlin, le gouvernement allemand s'est dit « très inquiet » de la situation. « Israël sape la confiance dans sa volonté de négociations », a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert.

À Moscou, le gouvernement russe a aussi réagi en déclarant « illégal » le nouveau projet immobilier annoncé par Israël à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Un coup presque fatal contre la paix, selon Ban Ki-moon

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, est quant à lui « inquiet et déçu » de la décision d'Israël, expose son porte-parole. L'ONU rappelle que les colonies sont interdites en vertu des lois internationales.

Le nouveau projet de construction, s'il est réalisé, « représentera un coup presque fatal aux chances restantes de garantir une solution à deux États », fait valoir le secrétaire général de l'ONU, qui demande que le projet soit annulé.

Les nouveaux projets de colonies condamnés

Ce projet de construire plusieurs milliers de nouveaux logements dans la zone E1 entre Maalé Adoumim et Jérusalem aurait pour effet d'isoler la partie nord de la Cisjordanie de sa région méridionale.

Il diviserait en deux la Cisjordanie, ce qui entamerait encore davantage la continuité territoriale dont souhaitent se prévaloir les Palestiniens, alors que la Cisjordanie et la bande de Gaza sont déjà séparées.

Cette nouvelle expansion israélienne a été condamnée par les États-Unis, l'Union européenne, la France et la Grande-Bretagne. Mais le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a rejeté dimanche les condamnations internationales.

Le gouvernement d'Israël avait pourtant déclaré, la semaine dernière, à la suite du vote à l'ONU, qu'il n'y aurait pas de représailles ni de mesures de rétorsion contre le peuple palestinien.