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03/12/2012 09:32 EST | Actualisé 02/02/2013 05:12 EST

OCDE: les immigrés travaillent plus... et sont plus au chômage qu'il y a dix ans

PARIS - Une meilleure intégration, mais également une plus grande fragilité face à la crise. Entre 2000 et 2010, «l'efficacité des mesures mises en oeuvre pour aider les immigrés à s'intégrer dans la société s'est fortement améliorée», estime l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un rapport publié lundi.

Dans la trentaine de pays membres de l'organisation, le taux d'emploi des immigrés s'est amélioré, à 64 pour cent en 2009-2010. Mais avec un écart accentué entre les femmes — dont le taux d'emploi est à 54 pour cent — et les hommes (72 pour cent). Cette amélioration, de près 1,5 point par rapport à 2000, correspond à une hausse de 4,3 points pour les femmes, mais à une baisse de 1,1 pour cent chez les hommes.

Dans un certain nombre de pays (comme la République tchèque, la Grèce, l'Italie, le Luxembourg et les États-Unis), les hommes immigrés disposent même plus souvent d'un emploi que les autochtones. En Islande, en Espagne, en Irlande, en Estonie et en Italie, la situation des immigrés de sexe masculin s'est au contraire dégradée. Durement touchés par la crise, ses pays employaient des travailleurs immigrés dans les secteurs tributaires de la conjoncture économique, et dans des métiers peu qualifiés.

«L'écart de taux d'emploi entre les immigrés et les autochtones est beaucoup plus marqué chez les personnes possédant un niveau d'études supérieures que chez celles qui n'ont qu'un faible niveau d'instruction», constate l'OCDE. L'organisation explique cet écart par le fait que «les immigrés peuvent rencontrer des difficultés pour faire valoir pleinement leurs diplômes sur le marché du travail du pays hôte».

Les enfants d'immigrés, même nés dans le pays, disposent d'un taux d'emploi inférieur à celui de leurs concitoyens dont les parents sont autochtones. «En moyenne, le différentiel de taux d'emploi entre ces deux groupes de population est d'environ 10 points», relève l'OCDE.

«En 2009-2010, la moyenne des taux de chômage des immigrés dans les pays de l'OCDE est 1,5 fois plus élevée que celle calculée pour les autochtones — 12 pour cent contre 8 pour cent», écrit l'organisation. Le taux de chômage est particulièrement élevé en Espagne (28 pour cent), en Estonie (19 pour cent) et en Belgique (17 pour cent).

Les jeunes immigrés sont également plus touchés que les jeunes autochtones, avec un taux de chômage moyen de près de 23 pour cent contre 18 pour cent. C'est aux États-Unis, en Grèce, en Irlande, en Italie et en République tchèque que les jeunes immigrés s'en sortent mieux que les jeunes autochtones. Et les écarts entre les deux groupes sont particulièrement marqués chez les personnes ayant suivi des études supérieures: 9 pour cent contre 4,5 pour cent.

«Au cours de la dernière décennie, la moyenne des taux de chômage des immigrés dans la zone OCDE a augmenté de 2,7 points de pourcentage, contre moins d'un point pour la population autochtone», ajoute l'organisation. Avec même une augmentation à deux chiffres dans les pays les plus touchés par la crise: l'Espagne, l'Irlande et l'Islande.

Les différences sont également marquées pour les personnes nés dans le pays de parents immigrés: ces derniers ont un taux de chômage de 13,8 pour cent en moyenne, soit sept points de plus que celui des descendants de parents autochtones.