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03/12/2012 09:52 EST | Actualisé 02/02/2013 05:12 EST

EXCLUSIF AFP - Le chef de la Ligue arabe veut tourner la page du Quartette

Le chef de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a appelé à tourner la page du Quartette (ONU, UE, USA, Russie) sur le Proche-Orient, une formule qui privilégie selon lui un "processus" sans résultats au lieu d'une vraie paix entre Israël et Palestiniens.

"Ce que je veux c'est parvenir à la paix, une paix qui soit juste, pas un processus", a-t-il déclaré dans un entretien avec l'AFP au siège de l'organisations panarabe au Caire.

Le secrétaire général de la Ligue a souligné qu'à titre personnel il n'utilisait jamais l'expression "processus de paix", qui dans le cas israélo-palestinien revient selon lui à un "processus et pas de paix".

Le Conseil de sécurité de l'ONU, a-t-il ajouté, se borne à dire "qu'il faut davantage de commissions pour suivre tout ça, derrière des portes fermées, sans que l'on sache ce qui se passe, et dans les faits il ne se passe rien. C'est ça le Quartette", a-t-il dit.

Le Quartette international pour le Proche-Orient, qui a pour émissaire l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, a été lancé en 2002 mais les discussions de paix entre Israël et l'Autorité palestinienne sont aujourd'hui au point mort.

M. Arabi a indiqué qu'il allait proposer, lors d'une réunion ministérielle dimanche à Doha du comité de la Ligue chargé du dossier israélo-palestinien, que les Arabes "disent qu'ils ne veulent plus de tout cela".

"Tout cela va être examiné, et j'espère que les choses vont changer", a-t-il dit, en souhaitant que les pays arabes aillent au Conseil de sécurité pour réclamer l'application de la résolution 242, qui prévoit le retrait israélien des territoires palestiniens occupés.

"Si le Conseil de sécurité ne prend pas ses responsabilités, nous pourrions demander une conférence internationale" pour régler ce conflit, a-t-il dit, en précisant que l'idée "était dans l'air" et qu'il allait lui même la proposer.

M. Arabi a également affirmé "ne voir aucune raison rationnelle" au refus de Washington de voter en faveur du statut d'Etat observateur non-membre de la Palestine à l'ONU, contrairement à la majorité des pays de la planète.

Il a également qualifiée "d'illégale" la décision israélienne de bloquer temporairement le transfert de 460 millions de shekels (environ 92 M EUR) de taxes collectées par Israël devant être remises à l'Autorité palestinienne.

"La retenue de ces taxes est illégale parce que ce sont les taxes des Palestiniens et qu'elles doivent aller aux Palestiniens", a-t-il dit.

La réunion de la Ligue à Doha, a-t-il ajouté, discutera à ce propos de la mise en place d'un "filet de sécurité financier" de l'ordre de 1,2 milliard de dollars par an pour les Palestiniens, décidé en septembre.

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