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02/12/2012 03:26 EST | Actualisé 01/02/2013 05:12 EST

Soudans: les rebelles à la frontière pas dans l'intérêt de Juba (négociateur)

Le négociateur en chef du Soudan du Sud, Pagan Amum, en visite à Khartoum, a assuré dimanche que les rébellions de part et d'autre de la nouvelle frontière entre les deux Soudans n'étaient pas dans l'intérêt de Juba.

Khartoum accuse régulièrement Juba de soutenir dans le sud du Soudan les rebelles de la branche Nord du Mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLM-N), qui combattait aux côtés des actuels dirigeants sud-soudanais au temps de la guerre civile (1983-2005).

Juba a toujours démenti ces accusations, soupçonnant à son tour Khartoum d'aider des rebelles actifs dans le nord du Soudan du Sud, et après une série d'entretiens qualifiés de fructueux avec des responsables soudanais, M. Amum a assuré dimanche que "la présence de rebelles à la frontière ne (servait) pas les intérêts" de son pays.

Ces rebelles "peuvent détruire la confiance entre le Soudan et le Soudan du Sud, et ils peuvent être un obstacle à la construction de liens entre les deux Etats", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse.

"Nous avons des liens historiques avec le SPLM-N et cela peut être utile" pour aider le Soudan, s'il en fait la demande, à résoudre ses différends avec les rebelles, a expliqué M. Amum, appelant parallèlement Khartoum à aider Juba dans sa lutte contre les rebelles sur son propre territoire.

Le négociateur sud-soudanais a rencontré dimanche à Khartoum l'un des principaux conseillers du président soudanais, afin de sortir de l'impasse qui bloque l'application d'importants accords économiques et sécuritaires signés en septembre par les deux pays.

Indépendamment de la visite de M. Amum, un dialogue politique et sécuritaire entre des responsables du Soudan et du Soudan du Sud doit avoir lieu à Khartoum cette semaine, une nouvelle initiative visant à résoudre les différends entre les deux pays.

Deux mois après leur signature sous la médiation de l'Union africaine (UA), les accords de septembre passés par le Soudan et le Soudan du Sud qui prévoient une zone tampon démilitarisée à leur frontière commune et une reprise de la production pétrolière du Soudan du Sud, ne sont toujours pas appliqués.

Selon des changeurs, cette situation a contribué à la chute de la valeur de la livre soudanaise, qui a atteint dimanche son niveau le plus bas sur le marché noir. Le cours de la monnaie est de 6,5 livres soudanaises pour un dollar, contre 4 livres pour un dollar en septembre.

Ce retard pris dans l'application des accords est dû à un manque de confiance entre les deux Soudans, avait affirmé le 29 novembre l'émissaire américain pour le Soudan et le Soudan du Sud, Princeton Lyman.

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