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02/12/2012 05:27 EST | Actualisé 01/02/2013 05:12 EST

Raids près de Damas, mise en garde du régime contre toute attaque de la capitale

L'aviation syrienne pilonnait dimanche la banlieue de Damas, où les rebelles ont leurs bases-arrière, un journal proche du pouvoir affirmant que l'armée avait ouvert "les portes de l'enfer devant tous ceux qui songent à s'approcher de Damas ou à l'attaquer".

Samedi, 60 personnes, pour moitié des civils, ont péri dans la capitale et ses alentours pilonnés par l'armée et déchirés par les combats meurtriers qui ont gagné jeudi, pour la première fois en 20 mois de violences, les abords de l'aéroport de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'ONG, qui s'appuie sur un large réseau de militant et de médecins en Syrie, a recensé plus de 41.000 morts depuis le début de la révolte en mars 2011, et 182 personnes tuées durant la seule journée de samedi.

Dimanche, les chasseurs-bombardiers ont mené de nouveaux raids aériens sur plusieurs localités, notamment Daraya, au sud-ouest de Damas, particulièrement visée ces derniers jours, a ajouté l'OSDH. Dans la matinée, des renforts militaires y ont été envoyés, selon des militants cités par l'ONG.

"Daraya sera sécurisée dans les prochaines heures", écrivait Al-Watan, un quotidien proche du pouvoir dans son édition de dimanche.

Damas annonce régulièrement avoir lancé "l'étape finale" de la bataille, promettant de chasser définitivement les rebelles, mais cela est en fait rarement suivi d'effet sur le terrain où l'armée peine à regagner du terrain et se cantonne souvent à des bombardements depuis l'extérieur des villes assiégées.

"L'armée syrienne a ouvert depuis jeudi matin les portes de l'enfer devant tous ceux qui songent à s'approcher de Damas ou à lancer une attaque contre la capitale", poursuit le journal.

Selon Al-Watan, "des centaine de terroristes sont morts (...) l'armée a riposté à toutes les attaques terroristes lancées jeudi dont certaines visaient à couper la route de l'aéroport international de Damas". Le régime assimile depuis le début mi-mars 2011 d'une révolte populaire devenue conflit armé opposants et rebelles à des "terroristes" armés et financés par l'étranger.

Comme les médias officiels depuis vendredi, Al-Watan a également insisté sur le fait que "la route de l'aéroport est sécurisée".

Le lancement jeudi de cette offensive sur les vergers qui bordent Damas avait coïncidé avec une coupure d'internet et du téléphone à travers la Syrie, faisant craindre le pire aux militants. Samedi soir toutefois, les communications ont été rétablies.

Alors que les rebelles réclament à cor et à cri des armes à la communauté internationale, réticente à l'idée de telles livraisons, le New York Times a affirmé qu'un corridor aérien au-dessus de l'Irak permettrait aux Iraniens d'approvisionner en armements le régime de Bachar al-Assad.

Des responsables irakiens informeraient les Iraniens lorsque des inspections aériennes sont prévues et les aideraient donc à y échapper, précise le quotidien américain.

Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Otan doivent de leur côté se réunir mardi et mercredi à Bruxelles pour évoquer le déploiement de missiles Patriot en Turquie près de la frontière avec la Syrie.

Les Alliés devraient sans surprise répondre positivement à la demande d'Ankara d'une protection contre les attaques aériennes.

Au delà de cette question, les ministres devraient débattre de l'évolution du conflit syrien, alors que l'Américaine Hillary Clinton a annoncé jeudi que les Etats-Unis envisageaient de venir davantage en aide aux rebelles.

L'Otan, comme la Turquie, a fortement insisté sur le caractère "uniquement défensif" de ce déploiement, notamment face aux réserves de la Russie, grand allié de Damas.

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