NOUVELLES
01/12/2012 12:59 EST | Actualisé 31/01/2013 05:12 EST

Journée mondiale du sida : la lutte continue au pays

À l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, des organismes dressent un bilan de l'année écoulée, des progrès réalisés et de ce qu'il reste à faire en matière de prévention et de sensibilisation du public et des politiciens au Canada.

Pour le directeur d'Action positive VIH/Sida, un organisme qui appuie les francophones atteints par le virus à Toronto, le 1er décembre est aussi une journée de commémoration. « Depuis trois décennies, nous avons quand même perdu des milliers d'êtres qui nous sont chers. Alors, pour un bon nombre de personnes vivant avec le VIH, la journée se vit dans le deuil », a dit Gilles Marchildon.

Un pas en arrière

L'année a été particulièrement marquée par une décision de la Cour Suprême du Canada rendue au mois d'octobre, observe pour sa part le directeur général du Réseau juridique canadien VIH/sida, Richard Elliott. Un constat partagé par M. Marchildon.

La Cour a jugé qu'une personne séropositive ne commet pas un acte criminel en n'informant pas son partenaire sexuel de son état à condition qu'un préservatif soit utilisé et que sa charge virale soit faible ou non détectable. « Avant, on pouvait argumenter que l'un ou l'autre pouvait suffire et là la cour vient d'imposer les deux », soutient Gilles Marchildon.

Selon MM. Marchildon et Elliott, cela représente un grand pas en arrière pour les droits des personnes séropositives. « Je pense que c'est une décision terrible qui contribue à la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH, estime M. Marchildon. Et ça donne encore une raison pour que les personnes évitent de se faire tester ».

Approche encourageante en Colombie-Britannique

Richard Elliott note aussi que la Colombie-Britannique a mis en place cette année une stratégie novatrice et qui fonctionne en faisant la promotion du traitement comme mesure de prévention. « Cela permet de faire baisser la charge virale dans le corps et réduit le risque de transmettre le virus à d'autres personnes », affirme-t-il.

En revanche, la situation reste particulièrement grave dans les communautés autochtones de la Saskatchewan et du Manitoba. « Nous voyons une épidémie qui n'est pas vraiment contrôlée dans ces provinces », soutient M. Elliott. « Il y a vraiment un besoin pour intensifier l'effort de prévention, de traitement et de soin auprès de ces populations », ajoute-t-il.

Richard Elliott déplore également le manque de services aux prisonniers. Selon lui, « le gouvernement nie l'accès à des programmes [et] des mesures de prévention dans les prisons qui sont disponibles » pour les autres citoyens.

Stigmatisation

La lutte doit se faire aussi contre la stigmatisation des personnes séropositives, selon Gilles Marchildon. « Quand on dit qu'on vit avec le VIH, ça attire la peur et le rejet et signifie même la mort sociale dans certaines communautés ethnoculturelles », souligne-t-il.

En s'appuyant sur son expérience à Toronto, Gilles Marchildon fait remarquer que les personnes séropositives sont souvent en retrait par rapport au marché du travail et survivent tant bien que mal.