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01/12/2012 05:50 EST | Actualisé 31/01/2013 05:12 EST

Iran: un chef de la police limogé après la mort en détention d'un blogueur

Le chef de la cyber-police de Téhéran a été limogé après la mort en détention le 3 novembre du blogueur Sattar Beheshti, a rapporté samedi le site internet de la police iranienne.

"Le général Esmaïl Ahmadi Moghadam, chef de la police iranienne, a limogé le colonel Saïd Shokrian, chef de la cyber-police de Téhéran, pour négligence, faiblesse et non contrôle suffisant de son personnel", selon police.ir.

Arrêté le 30 octobre pour avoir critiqué le régime iranien sur internet, M. Beheshti, 35 ans, avait été retrouvé mort dans sa cellule le 3 novembre, selon la justice iranienne.

Pour sa part, le chef de la commission de la Sécurité nationale et des Affaires étrangères du Parlement, Alaeddine Boroujerdi, a déclaré samedi que Sattar Beheshti avait été "très certainement" frappé en prison.

"Très certainement, il a été frappé lors de sa détention par la cyper-police même si les médecins légistes ont affirmé que la mort de Sattar Beheshti n'était pas due aux coups et frappes mais à un choc et à la peur", a déclaré M. Boroujerdi, cité par le site officiel du Parlement.

"La cyber-police doit sérieusement revoir ses méthodes", a-t-il ajouté.

Lundi, un député membre de la commission d'enquête créée après ce décès, M. Mehdi Davatgari, avait mis en cause la cyber-police chargée de contrôler l'internet et demandé le limogeage de son chef.

"Dans la mesure où cette personne (Sattar Beheshti) est morte en détention, la justice va agir contre les responsables de cet incident", a déclaré de son côté le chef du centre des droits de l'Homme de l'appareil judiciaire, Mohammad Javad Larijani, cité samedi par la presse. Il a ajouté que la mort de Sattar Beheshti était "suspecte".

La semaine dernière, le parquet de Téhéran a indiqué que la mort de M. Beheshti était "probablement due à un choc dû à un coup ou à des coups sur les parties sensibles du corps ou à des pressions psychologiques extrêmes" et assuré que l'enquête se poursuivait "sans relâche".

Selon Amnesty International, le blogueur pourrait être décédé des suites de tortures après avoir porté plainte contre des sévices dont il était victime.

Des experts de l'ONU et plusieurs pays occidentaux ont demandé au gouvernement iranien de faire toute la lumière sur cette affaire.

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