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30/11/2012 11:50 EST | Actualisé 30/01/2013 05:12 EST

Tunisie: tirs de sommation à Siliana, les affrontements s'intensifient

La police tunisienne a procédé vendredi à des tirs de sommation après avoir été visée par des cocktails Molotov lancés par des manifestants à Siliana (sud-ouest de Tunis), où les affrontements se sont intensifiés en fin d'après-midi, a constaté une journaliste de l'AFP.

Au moins deux véhicules blindés de la Garde nationale sont venus renforcer les policiers qui depuis le début de l'après-midi tentaient de disperser plusieurs centaines de jeunes dans cette ville, théâtre de violents affrontements depuis mardi qui ont fait plus de 300 blessés.

Les forces de l'ordre ont aussi fait usage de grandes quantités de gaz lacrymogènes.

"Si on nous y autorise, je n'hésiterai pas à tirer avec des balles réelles", a déclaré à l'AFP un policier, sous couvert de l'anonymat.

Dans tout le centre de la ville, les protestataires ont bâti une nouvelle fois des barricades auxquelles ils ont mis le feu. A la tombée de la nuit, aucun signe d'accalmie n'était perceptible.

"Il faut que le ministre de l'Intérieur retire ses policiers, c'est le seul moyen pour que cette ville retrouve son calme", a affirmé à l'AFP un habitant d'une cinquantaine d'années qui observaient les violences.

Les heurts de vendredi ont été déclenchés en début d'après-midi par les manifestants qui ont jeté des pierres contre un important poste des forces de l'ordre.

Les protestataires dénoncent le recours excessif à la force par les policiers mercredi, lorsque quelque 300 manifestants ont été blessés notamment par des tirs de chevrotine, une munition à laquelle la police n'a plus recours depuis.

Une source hospitalière a fait état de deux blessés en milieu d'après-midi vendredi. Aucun bilan officiel n'a été communiqué et les autorités n'ont pas commenté ces nouveaux débordements.

Depuis le début de la semaine, des milliers de manifestants réclament de nouveau le départ du gouverneur, la fin de la violence policière dont ils se disent les victimes, et la mise en place d'un programme d'aides à cette région économiquement sinistrée, située au sud-ouest de Tunis.

kl-alf/cco