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30/11/2012 10:33 EST | Actualisé 30/01/2013 05:12 EST

Syrie: des manifestants s'en prennent aux rebelles de l'Armée syrienne libre

Des manifestants ont conspué vendredi l'Armée syrienne libre (ASL) dans des régions où les combattants islamistes sont présents en force, selon des vidéos mises en ligne par des militants.

A Alep, la métropole du Nord, ils ont appelé les membres de l'ASL à quitter les quartiers résidentiels, aux cris de "Armée libre! Allez! Au front!".

"Armée libre, voyous!", ont encore scandé les manifestants, en disant préférer "l'armée islamique".

Des habitants, notamment dans le Nord syrien, accusent les rebelles de pratiquer l'intimidation, le racket et le vandalisme dans les villes et les quartiers "libérés".

A Anadane, une ville proche d'Alep, les manifestants ont scandé: "Le peuple veut la purge de la révolution". Sur la vidéo, le caméraman explique qu'il s'agit d'une "manifestation pour la chute du régime et la purge de l'Armée libre et des chabbihas (miliciens pro-régime) qui se sont infiltrés dans les instances locales de la révolution".

Le 19 novembre, des groupes islamistes armés, notamment les deux plus importants, Liwaa al-Tawhid et al-Nosra, qui combattent à Alep, avaient annoncé leur rejet de la Coalition nationale syrienne et s'étaient prononcés pour un Etat islamique, selon une vidéo diffusée sur internet.

A travers le pays, des milliers de personnes sont descendues dans les rues, comme chaque vendredi depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar al-Assad en mars 2011.

Cette journée de mobilisation avait été placée sous le signe du soutien à la région de Damas, où l'armée a lancé une vaste offensive pour chasser les rebelles de leurs bases arrière situées dans les vergers entourant la capitale.

A Harasta, au coeur des combats dans la banlieue de Damas, des dizaines de personnes ont manifesté au milieu de bâtiments détruits. Elles portaient une banderole sur laquelle était inscrit: "Il n'y a qu'en Syrie qu'on paie sa liberté par son sang et celui de ses enfants et par la destruction de sa maison et de celle de son voisin".

Et dans la province d'Idleb (nord-ouest), des dizaines de manifestants ont réclamé "la tête de Bachar" al-Assad.

Plus de 41.000 personnes ont péri en plus de 20 mois de violences en Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

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