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30/11/2012 07:48 EST | Actualisé 30/01/2013 05:12 EST

Rugby à VII: le Kenya, puissance montante en attendant Rio de Janeiro

Demi-finaliste de la Coupe du monde 2009, récent vainqueur des Wallabies australiens, le Kenya est devenu un acteur incontournable du rugby à VII, avec en ligne de mire les JO 2016 de Rio de Janeiro, même s'il est encore un inconnu chez le grand frère du XV.

Porter le maillot des "Shujaa" ("Les héros" en swahili) est recherché: il y a quelques jours, ils étaient une trentaine de joueurs, très jeunes, à s'entraîner de bon matin, au gymnase Paul Tergat de Brookhouse, une des écoles les plus huppées de Nairobi. Le but: faire partie des 12 joueurs retenus pour les 3e et 4e étapes du circuit mondial de rugby à VII, à Dubaï ce vendredi et samedi, puis en Afrique du sud à Port Elizabeth en décembre.

"Les Kényans ont toujours été des athlètes. Ils aiment courir et le VII leur donne pour cela beaucoup plus de possibilités que le XV, où les espaces sont plus restreints", avance Irving McLean, vétéran du club des Nondies, pour expliquer les succès kényans en VII. Par exemple, cet exploit à Gold Coast en Australie, en octobre, quand ils ont sorti en poule les Anglais, N.3 mondiaux, puis battu l'Australie (N.6) pour finir à la 4e place du tournoi.

L'engouement kényan pour le VII remonte à la fin des années 60, avec le lancement d'un championnat national. Et il va encore croître avec l'entrée de ce sport au programme olympique, pour les Jeux de Rio. Pour le Kenya, c'est la seule possibilité de s'illustrer à ce niveau dans un sport collectif.

Pour autant, le Kenya n'a pas tiré un trait sur le XV, où il est 36e mondial. La Kenya Football Rugby Union (KFRU) compte d'ailleurs sur les succès du VII pour lancer véritablement le XV dans le pays, même si ce sport ne compte encore que 7.500 licenciés seniors.

"Le pays a des joueurs qui peuvent être très bons, (...) mais la plupart jouent plutôt à VII, ce n'est pas un bon scénario", regrette McLean.

"Le jeu à XV est très tactique. Il demande beaucoup de ressources qu'il nous faut développer", confirme le président de la KRFU, Mwangi Muthee: "Le Kenya a une longue tradition de rugby, liée à ses liens très anciens avec les Britanniques. Mais nous ne sommes pas là où nous l'aurions souhaité, dans le trio de tête africain" (NDLR: devancés par l'Afrique du Sud, la Namibie, le Zimbabwe et le Maroc).

"Notre travail, c'est de jouer au rugby. Plus on joue, mieux on joue. Notre but, c'est que notre XV dispute davantage de rencontres, afin d'être compétitif et de se qualifier pour la Coupe du monde 2015, en Angleterre", ajoute M. Muthee.

Aux termes d'un accord récent avec la Western Province sud-africaine, la KRFU va envoyer des joueurs s'entraîner chez le récent vainqueur du championnat sud-africain.

Aucun doute pour M. Muthee, les succès à VII feront progresser le XV du Kenya: "Si le VII est le bras, alors le XV est la jambe, tous deux dépendent l'un de l'autre. Mais la base du rugby, c'est le XV".

Le nouvel entraîneur du VII kényan, Mike Friday, ancien sélectionneur du VII d'Angleterre, ne voit que très peu de différence entre VII et XV: "Je ne crois pas à ce mythe selon lequel il y aurait des spécialistes du VII et d'autres du XV. Si tu es un bon joueur, tu peux jouer dans les deux disciplines".

Mais constituer un XV national de haut niveau prendra beaucoup de temps, prévient-il. En attendant, à VII, les "Shujaa" en imposent. Vendredi, au premier jour du tournoi de Dubaï, ils se sont qualifiés pour les quarts en battant notamment l'Ecosse.

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