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30/11/2012 09:47 EST | Actualisé 30/01/2013 05:12 EST

Richard Marcotte quitte la mairie de Mascouche

Le maire de Mascouche, Richard Marcotte, annonce qu'il quitte ses fonctions de maire dans une entrevue accordée au journal de Lanaudière, Le Trait d'Union.

M. Macotte annonce qu'il se retire de la mairie pour « prendre soin de sa famille, particulièrement de son beau-fils qui est gravement malade ».

Dans un communiqué dont il a aussi remis copie au Trait d'Union, le maire Richard Marcotte explique qu'il « faut savoir bien choisir ses batailles » et que c'est l'état de santé du fils de sa conjointe qui le pousse à déposer les armes.

Dans l'entrevue accordée au Trait d'Union, Richard Marcotte explique que s'il a attendu aussi longtemps pour quitter ses fonctions, c'est pour éviter aux citoyens de Mascouche les coûts financiers d'une nouvelle campagne électorale.

Une généreuse indemnité de départ

Notons qu'en vertu des lois actuelles, Richard Marcotte pourra toucher une indemnité de départ de « plusieurs centaines de milliers de dollars », selon Stéphane Handfield, chef du parti Vision démocratique Mascouche.

En ce qui a trait au projet de loi 10 du gouvernement Marois, qui permettra à Québec de relever provisoirement de ses fonctions un élu municipal qui fait l'objet d'une poursuite, Richard Marcotte estime que c'est « une loi carrément politique » et « très discutable au plan constitutionnel ».

Le maire de Mascouche a été arrêté le 20 avril dernier par l'Unité permanente anti corruption de la Sûreté du Québec au retour d'un voyage à Cuba. M. Marcotte, qui était sous les feux de la rampe depuis des mois pour des allégations de fraude et de corruption, a été épinglé par les enquêteurs de l'UPAC lors de l'opération Gravier, qui visait à démanteler un réseau de partage de contrats municipaux.

L'ex-maire de Mascouche fait notamment face à des accusations de fraude, d'actes de corruption et d'abus de confiance.

Qui succédera à Richard Marcotte?

Selon le chef du parti Vision démocratique Mascouche, Stéphane Handfiled, puisque la démission du maire survient moins de 12 mois avant la fin de son mandat, qui expire en novembre 2013, c'est aux membres du conseil municipal de gérer la ville jusqu'aux prochaines élections.

Série de révélations troublantes

En novembre 2010, le maire Marcotte avait fait l'objet d'allégations de conflits d'intérêts, après que l'émission Enquête eut révélé qu'il avait obtenu des avantages personnels auprès de l'entrepreneur Normand Trudel.

Transport et Excavation Mascouche, qui a obtenu des contrats municipaux d'une valeur de près de 40 millions de dollars en 2008 et 2009, aurait réalisé gratuitement des travaux de plusieurs milliers de dollars à la résidence personnelle du maire Marcotte, et aurait posé pour lui des pancartes électorales lors de sa campagne.

Un autre entrepreneur, Jean-Guy Ouellet, avait affirmé que le maire Marcotte « lui avait laissé sous-entendre que, pour travailler à Mascouche, on devrait participer au financement du parti politique », et lui avait même demandé de lui fournir « une maison gratuitement ».

Quelques semaines plus tard, une enquête du journal La Presse avait révélé que Transport & Excavation Mascouche avait reçu plus de 400 000 $ pour déneiger les 617 bornes d'incendie de la ville, ce qui revient à 650 $ l'unité. Ailleurs au Québec, ces déneigements s'effectuent selon un tarif variant entre 45 $ et 85 $ de l'heure.

Le maire Marcotte siège comme indépendant depuis qu'il a été expulsé des rangs de son parti, quelques jours après les premiers reportages d'Enquête. Une coalition de citoyens a aussi écrit au ministre des Affaires municipales pour exiger qu'il soit destitué, mais en vain.

Le maire Marcotte a toujours nié avoir mal agi et est demeuré en place, malgré une grogne populaire qui est demeurée palpable lors des séances publiques du conseil municipal de Mascouche.