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30/11/2012 02:50 EST | Actualisé 30/01/2013 05:12 EST

Occupation d'une mine: Aung San Suu Kyi critique la répression des autorités

MONYWA, Myanmar - La chef de file de l'opposition birmane, Aung San Suu Kyi, a publiquement critiqué vendredi la répression des manifestants qui occupent une mine du nord-ouest du pays, estimant que la population avait le droit d'obtenir des explications sur ces violences qui ont fait des dizaines de blessés jeudi, dont des moines bouddhistes.

Lors de son discours devant une foule de 10 000 personnes dans la ville de Monywa, elle a affirmé qu'elle ne cherchait pas la confrontation avec le gouvernement, mais a souligné que le peuple avait le droit de savoir pourquoi les autorités ont réprimé si durement les manifestants pacifiques.

«Je veux savoir quel était leur objectif en faisant cela. Honnêtement, ils n'avaient pas besoin d'agir de cette manière», a-t-elle déclaré aux milliers de villageois qui l'acclamaient. «Je ne dis pas cela pour agiter le peuple», a-t-elle poursuivi. «Je ne convainc jamais les gens par l'agitation. J'explique au peuple pour qu'il puisse décider en connaissance de cause.»

Des dizaines de manifestants occupant cette mine de cuivre ont été blessés jeudi lors d'une opération de police, survenue quelques heures avant l'arrivée d'Aung San Suu Kyi, qui avait prévu se rendre sur place pour entendre leurs doléances. Selon une infirmière de l'hôpital de la ville, 29 moines ont été hospitalisés après l'opération des forces de l'ordre.

Les manifestants, qui avaient installé six campements autour de la mine de Letpadaung, près de Monywa, estiment que l'exploitation de la mine provoque des dommages à l'environnement, des troubles de santé et des problèmes sociaux, et exigent qu'elle soit fermée. La mine est exploitée par une entreprise chinoise et un groupe contrôlé par l'armée birmane.

Le mouvement de protestation, qui a débuté en août, a entraîné l'arrêt total de l'exploitation de la mine le 18 novembre, date du début de l'occupation de la zone, selon un communiqué du ministère de l'Intérieur. Le gouvernement birman avait donné l'ordre aux manifestants de quitter les campements mardi soir à minuit. Certains avaient obéi mais d'autres, dont une centaine de moines, étaient restés sur les lieux mercredi.

Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix, a adopté une attitude de médiatrice dans ce conflit, déclarant que la Birmanie devait honorer les contrats liés au projet, mais estimant que les contrats avec la Chine avaient été signés sous une dictature militaire, sans prendre en compte les souhaits du peuple, qui souffre selon elle des conséquences de cet accord.

La «dame de Rangoon» a rendu visite aux manifestants blessés jeudi, puis a rencontré les responsables de l'entreprise exploitant la mine et les militants locaux. Elle devait rencontrer les responsables de la sécurité vendredi.

La violente répression qui s'est abattue sur les manifestants, et en particulier sur les moines, pourrait transformer cette opération en fiasco pour le président Thein Sein, prompt à se féliciter de la transition démocratique en Birmanie.